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Dans l’espoir de "rassembler" le PS, Cambadélis va publier Droit d’inventaire pour un quinquennat

Publié le

par Astrid Van Laer

Le 30 août, Jean-Christophe Cambadélis sortira un livre intitulé Droit d’inventaire pour un quinquennat. Publié aux éditions de L’Archipel, il s’agira de "livrer un retour d’expérience" sur le mandat de François Hollande, qui avait lui aussi publié son propre Droit d’inventaires en 2009.

Malgré son échec à se faire réélire aux élections législatives et sa démission de la tête d’un parti déserté de tous côtés, Jean-Christophe Cambadélis ne veut rien lâcher. Lundi 3 juillet, ce dernier a publié sur Twitter un message intitulé #Jereste, ajoutant : "Manuel Valls s’en va, Benoît Hamon aussi. Moi je reste car le Parti socialiste refondé, c’est la gauche à venir." Le soir de sa démission, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste avait en effet déclaré vouloir "repenser la gauche" :

"La gauche doit ouvrir un nouveau cycle […]. J’accompagnerai ce combat avec volonté, mais je ne le ferai pas en tant que premier secrétaire du Parti socialiste. […] Il ne s’agit pas pour moi d’organiser une retraite, mais d’organiser une renaissance dans l’ordre."

Il semblerait que cette renaissance passe donc en premier lieu par la publication d’un livre cet été : Droit d’inventaire pour un quinquennat, qui sortira le 30 août 2017 aux éditions de L’Archipel, une information confirmée à Speech par la maison d’édition. Lundi 3 juillet, Benoît Hamon était interviewé par Jean-Michel Apathie sur FranceInfo et a semblé faire allusion à cet ouvrage. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait "des comptes à rendre" au Parti socialiste, le candidat vaincu dès le premier tour de l’élection présidentielle a répondu :

"J’en ai eu plein. C’est pour ça que je m’en suis expliqué le soir du premier tour de l’élection présidentielle. J’ai parlé, j’ai assumé ma responsabilité. Je n’ai pas écrit un long livre ou fais une longue intervention pour revenir sur les conditions de cette campagne."

Le droit d’inventaire, un classique de gauche

Le livre de Jean-Christophe Cambadélis serait vendu au prix de 17 euros. Il s’agira d’un texte proposant une réflexion sur le mandat de François Hollande afin de "mieux se tourner vers l’avenir, penser la suite et rassembler son camp", comme l’indique le résumé qui en est fait sur les sites permettant une précommande en ligne :

"Quelques mois après les échéances électorales de 2017, la plume du premier secrétaire du PS se fait scalpel pour comprendre les débats qui ont agité le quinquennat et prendre la mesure des défis qui se posent au camp progressiste.
Échecs ou réussites, le quinquennat de François Hollande aura plus péché par l’absence de fil conducteur que par des mesures inconsidérées. […] Jean-Christophe Cambadélis livre son 'retour d’expérience', quasi clinique mais riche en anecdotes. […]
Il dresse le tableau des cinq tendances politiques lourdes qui caractérisent selon lui la nouvelle ère politique, et propose cinq leviers d’action pour réarmer la gauche. Et cela dans un paysage politique national profondément reconfiguré, et un contexte international plein de menaces."

L’histoire se répète puisque le titre de cet ouvrage rappelle grandement celui d’un livre publié par l’ancien président de la République François Hollande en 2009, Droit d’inventaires, publié aux éditions du Seuil, alors qu’il avait lui-même été premier secrétaire du parti. Il y proposait un retour sur plus de dix années à occuper ce poste de dirigeant du PS, sur la présidence de François Mitterrand ainsi que sur la politique de Lionel Jospin.

L’expression "droit d’inventaire" avait auparavant été utilisée par Lionel Jospin lui-même en 1995 pour analyser les deux septennats de François Mitterrand. Formule qu’il réutilisera après sa défaite à l’élection présidentielle de 2002, qualifiant ce travail d’autocritique d'"attitude de raison […] et de l’esprit de progrès", allant jusqu’à parler de "devoir" :

"Les responsables socialistes d’aujourd’hui ont à exercer leur droit d’inventaire sur nos années 1997-2002, comme je l’avais jadis fait sur nos années Mitterrand. Ce n’est pas seulement un droit. C’est un devoir." 

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