AccueilÉDITO

Dans le monde, plus d’un milliard de personnes vivent sans identité officielle

Publié le

par Astrid Van Laer

D’après un rapport publié par la Banque mondiale, 1,1 milliard de personnes, principalement originaires d’Asie et d’Afrique, ne disposent pas d’identité officielle. Une calamité qui pose de sérieux problèmes au quotidien.

La Banque mondiale a publié un rapport dans le cadre d’un programme intitulé Identification for Development (ID4D) qui met au jour un fléau mondial. En effet, ce dernier pointe du doigt un chiffre hallucinant : 1,1 milliard de personnes vivent sans existence officielle.

Ces personnes, invisibles aux yeux des administrations étatiques, ne sont pas des marginaux comme on pourrait le penser puisqu’une personne sur sept dans le monde est concernée, majoritairement dans les continents africain et asiatique.

Que ce soit en raison de conflits politiques comme en Chine, où la politique de l’enfant unique a entraîné de nombreuses dissimulations de grossesses, de conflits armés, ou simplement d’un défaut d’information concernant l’importance d’enregistrer une naissance, les raisons pouvant expliquer ce chiffre sont multiples.

Citée par L’Express, Carolina Trivelli avance un autre facteur d’explication pour tenter de comprendre le fait que certaines familles fassent sciemment le choix de ne pas déclarer les naissances :

"En raison de conflits entre ethnies, [certaines familles] redoutent d’être identifiées comme appartenant à telle ou telle ethnie, dans la mesure où des gouvernements ont des préférences pour certains groupes."

"Des vies empêchées, des avenirs entravés"

Ce rapport rappelle également l’importance de se faire enregistrer car on ne peut pas faire des tas de choses du quotidien telles que : s’inscrire à l’école, ouvrir un compte en banque, demander un crédit à la banque, bénéficier d’une couverture médicale, faire des demandes de bourses scolaires, voter, traverser une frontière légalement ou encore faire l’acquisition d’un bien immobilier.

Nettement plus grave encore, cette problématique favorise l’impunité du travail infantile, les mariages forcés et les trafics d’êtres humains, puisque comme le rapport le précise : un tiers de ces personnes sont des enfants qui n’ont pas été enregistrés à l’état civil à leur naissance.

Les personnes concernées sont les plus vulnérables et cela est parfaitement illégal. En effet, le droit à bénéficier d’une identité officielle figure en toutes lettres dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, instaurée en 1989 par l’Assemblée générale des Nations unies.

Dans un rapport publié en 2014 intitulé "'Enfants fantômes' : sans identité, en proie à tous les dangers", l’Unicef évoquait des "vies empêchées, des avenirs entravés par l’absence d’un simple papier officiel". L’Organisation déplorait la "vulnérabilité extrême" de millions d’enfants, rappelait que "sans nationalité, ce sont aussi des apatrides" et pointait du doigt, en l’absence de documents officiels, la difficulté de réunir les enfants avec leurs parents en cas de catastrophe naturelle, par exemple.

À voir -> Vidéo : le Speech de Tsedeye Girma

À voir aussi sur konbini :