Docu : dans Pornocratie, Ovidie charge une industrie du porno en perdition

L'ex-actrice et réalisatrice porno française Ovidie présente son nouveau documentaire sur une industrie qu'elle a côtoyée pendant dix-sept ans.

(© Documentaires Canal +)

(© Canal+)

Pornhub, YouPorn, RedTube... Ces plateformes de streaming qui diffusent du porno, vous les connaissez bien. Dans le milieu, on les appelle les "tubes". Pour Ovidie, ancienne réalisatrice et actrice porno, c'est eux qui ont ravagé l'industrie du X, en crise aujourd'hui. En grande partie, du moins.

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Dans un documentaire, diffusé ce soir à 20 h 50 sur Canal+, Ovidie lève le voile sur le côté obscur de ces multinationales du sexe, qui sont pour elle à l'origine d'une ubérisation de la pornographie, via l'appropriation et la diffusion de contenus gratuits, volés aux studios de production.

Profitant d'un système économique capitaliste inégalitaire et aux failles fiscales nombreuses, ces sites X de streaming génèrent un trafic qui défie toute concurrence. Les studios ont adapté leurs coûts pour survivre, mais très peu y parviennent. Conditions de travail déplorables, baisse des salaires des actrices et acteurs, course au hardcore sont des conséquences directes de l'ubérisation du porno. Du sexe pour tous, mais à quel prix ?

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"C'est vu comme une histoire de branlette, alors personne ne fait quoi que ce soit"

Devant ce tragique constat, Ovidie, contactée par Konbini, décrit l'industrie du X comme "un grand far west" ou "une gigantesque foire" : 

"On est dans un total déni. Il n'y a aucune mise en application de la réglementation autour de la diffusion des programmes pornographique sur Internet. En France, le sujet est tellement tabou que les politiques qui ont le pouvoir de réglementer les tubes, font l'autruche."

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Si on mettait fin au tabou autour de la sexualité, les conditions de travail des acteurs mais surtout des actrices, premières victimes de la dégradation du milieu, seraient mieux contrôlés. De même pour la politique fiscale de certaines entreprises, qui reste très mystérieuse à l'heure actuelle. "Aucun politique ne veut s'emparer du sujet, de peur de paraître liberticide, déplore Ovidie. Le problème, c'est qu'on ne prend pas le porno comme un secteur économique à part entière." 

Une absurdité, quand on sait que le business du porno sur Internet représente une centaine de milliards de dollars chaque année à travers le monde. Le chiffres d'affaires du géant MindGeek, notamment, s'élève à des centaines de millions. Pour Ovidie, ces boîtes ne sont rien d'autre que les "Monsanto" du porno.

Pornocratie, c'est ce jeudi 18 janvier à 20 h 50 sur Canal+.

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Par Juliette Geenens, publié le 18/01/2017

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