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Dans la tourmente, François Bayrou quitte le gouvernement

Publié le

par Théo Mercadier

Sous le feu des critiques, le garde des Sceaux quitte l’équipe d’Édouard Philippe.

Ça sentait le sapin pour le ministre de la Justice – et il a finalement préféré sortir par la grande porte. Alors que le MoDem est visé par une enquête préliminaire car il est soupçonné d’avoir eu recours à des emplois fictifs, François Bayrou, son président, a présenté sa démission du gouvernement et quitte dès aujourd’hui ses fonctions de garde des Sceaux. "J’ai pris la décision de ne pas faire partie du prochain gouvernement", a-t-il déclaré à l’AFP, précisant qu’il s’expliquerait plus en détail à l’occasion d’une "conférence de presse cet après-midi à 17 heures". Il est vrai que cette démission soulève des questions. Si l’intéressé assure que c’est une décision personnelle, sa position au sein de l’équipe gouvernementale s’était, de fait, considérablement fragilisée au cours des derniers jours.

Les réactions n’ont évidemment pas manqué de pleuvoir après cette démission. Édouard Philippe assure à l’AFP qu’il "prend acte de la décision de François Bayrou" et qu’il la "respecte". Sur Europe 1, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a confirmé qu’il s’agissait d’un "choix personnel" motivé par une volonté de "se défendre" devant les accusations d’emplois fictifs qui visent son parti. Il finit quand même par concéder que ce départ "simplifie la situation" pour Emmanuel Macron. Il faut dire que le ministre de la Justice était devenu un poids pour certains.

Sur un siège éjectable

L’affaire qui vise son parti l’a jeté sous le feu des projecteurs. En outre, il s’est attiré l’inimitié des médias en tentant d’intervenir directement sur le déroulé d’une enquête journalistique, via un coup de fil au chef de la section investigation de Franceinfo. Une attitude très "ORTF", venue d’un autre âge et complètement à rebours du storytelling voulu par Emmanuel Macron pour les premiers temps de son mandat, entre renouveau des pratiques et transparence affichée.

En votant massivement pour La République en marche (LREM) aux élections législatives, les électeurs ont du même coup réduit l’influence du MoDem, dont LREM n’a désormais plus besoin pour constituer une majorité absolue. Le parti centriste est donc loin d’être indispensable, ce que confirme la succession de démissions de ces derniers jours. En 48 heures, trois ministres ont quitté leurs fonctions : Sylvie Goulard (ex-ministre des Armées), Marielle de Sarnez (ex-ministre des Affaires européennes) et François Bayrou. C’est bien simple, il ne reste plus aucun ministre MoDem au sein du gouvernement.

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