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Gros malaise : une entreprise américaine vend un robot sexuel conçu pour être violé

Une entreprise américaine propose un robot sexuel qui fait scandale : deux des cinq personnalités proposées de ce robot permettent en effet à leur utilisateur d’assouvir leurs "rêves" de viol et de rapport sexuel avec une femme "à peine" majeure.

La compagnie américaine TrueCompanion.com fait sacrément parler d’elle depuis qu’elle a lancé un robot sexuel qui propose des scénarios encourageant le viol. BFM TV rapporte en effet que la neuvième version des robots de la compagnie a été baptisée Roxxxy et comporte cinq personnalités aux noms plus qu’explicites : Wild Wendy ("Wendy la sauvage"), Mature Martha ("Martha la mature"), S&M Susan ("Susan la S&M"), Young Yoko ("la jeune Yoko") et Frigid Farrah ("Farrah la frigide").

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Vendu environ 10 000 dollars (soit 8 600 euros), le robot se veut plus vrai que nature pour "permettre à chacun de réaliser ses fantasmes sexuels les plus privés". De taille réelle et à l’apparence personnalisable, il peut interagir avec son propriétaire, tenir une discussion et accomplir 50 positions sexuelles différentes.

"Il est plus que probable qu’elle n’appréciera pas vos avances"

Mais ce qui retient notre attention ici est que deux personnalités permettent au propriétaire du robot de simuler un viol ou un rapport avec une fille tout juste majeure. Frigid Farrah est en effet présentée comme étant "réservée et timide", et est programmée pour résister quand on la touche : "Si vous touchez ses parties intimes, il est plus que probable qu’elle n’appréciera pas vos avances", explique le fabricant. Quant à Young Yoko, elle est décrite comme étant "si jeune (à peine 18 ans) " et attendant "que vous lui appreniez des choses". Des personnalités qui ont provoqué l’indignation de nombreux internautes, d’autant que le fabricant présente son robot comme permettant aux utilisateurs "de réaliser leurs rêves sexuels les plus privés", "de faire de leurs rêves une réalité" − comparant donc le viol à un "rêve".

Noel Sharkey, un professeur membre de la Fondation pour une robotique responsable, a indiqué à The Independent que certaines personnes reconnaissaient une certaine utilité à ces robots :

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"Il y a des gens qui disent qu’il est préférable que des robots soient violés plutôt que de vraies personnes. D’autres assurent que cela encouragera davantage les violeurs."

Mais les personnalités de Roxxxy pourraient surtout encourager au viol et à la pédophilie, un avis fortement partagé par la fondatrice du projet Everyday Sexism, Laura Bates, dans une puissante tribune publiée sur le New York Times. Comme rapporté par BFM TV, elle y souligne comment ce type de robot encourage et perpétue la culture du viol, rappelant que "le viol n’est pas un acte ou une passion sexuelle. C’est un crime violent". L’idée selon laquelle les robots empêcheraient les violeurs potentiels de passer à l’acte sur de réelles femmes est selon elle absurde :

"On ne devrait plus encourager les violeurs à trouver de supposés exutoires sûrs, ou alors nous devrions aussi aider les meurtriers en leur donnant des mannequins réalistes et couverts de sang à poignarder. Si cette suggestion semble ridicule, pourquoi l’idée de fournir des victimes robotiques aux agresseurs sexuels semble faisable pour certains ?"

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Une poupée suggérant "que la violence masculine contre les femmes est innée"

Selon elle, Roxxxy pourrait ainsi banaliser le viol et la pédophilie, suggérant "que la violence masculine contre les femmes est innée et inévitable, et qu’elle peut uniquement être atténuée, pas empêchée". En plus de valider ces crimes :

"Non seulement, c’est insultant pour une large majorité d’hommes, mais cela déplace complètement la responsabilité de la gestion de ces crimes sur leurs victimes − les femmes, et la société en général −, tout en créant une impunité pour les responsables."

La question est d’autant plus préoccupante que ce type de robots n’est pas isolé : Laura Bates rapporte que la compagnie Lumi Dolls propose déjà une poupée présentée comme "la parfaite partenaire soumise", et dont l’utilisateur "fixe les limites". Selon la féministe, les clients ne devraient pas manquer pour ces poupées et robots : une étude conduite en 2016 par une université allemande montrait que plus de 40 % des hommes hétérosexuels interrogés se voyaient bien utiliser un robot sexuel. Leurs scénarios ne sont donc pas à prendre à la légère.

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Laura Bates rappelle en outre qu’il a été prouvé que les hommes hétérosexuels exposés à la pornographie, aux discours des magazines masculins et aux programmes télévisuels objectifiant les femmes sont plus susceptibles d’accepter les violences qui leur sont faites. D’où la cruciale importance de leurs scénarios :

"La production de ces poupées et robots, dont une grande majorité est féminine, ne peut être séparée de l’extrême inégalité de genre du monde dans lequel ils sont produits. Ce n’est pas une coïncidence si RealDoll estime que moins de 5 % de ses clients sont des femmes. Le problème n’est pas de savoir si un robot sexuel, en tant que concept abstrait, pourrait être utile ou dangereux, mais de connaître l’impact de rendre ces robots accessibles dans une société qui asservit, discrimine et abuse déjà physiquement et sexuellement des femmes."

Par Mélissa Perraudeau, publié le 21/07/2017

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