Cette culotte hygiénique pourrait changer la vie de millions de femmes

La marque THINX veut proposer aux femmes une nouvelle façon de se protéger pendant leurs règles : la culotte périodique.

The crimson wave can be awful, especially for girls in developing countries and rural areas Image courtesy of: Arvida Byström

L'arrivée des règles peut être un moment compliqué, surtout pour celles vivant dans les pays en voie de développement et les zones rurales (Image reproduite avec l'autorisation d'Arvida Byström)

En ce moment, THINX, une nouvelle marque de protections hygiéniques, fait parler d'elle grâce à un produit qui pourrait se révéler révolutionnaire pour de nombreuses femmes : la culotte périodique. La promesse ? Une protection efficace grâce à un rembourrage absorbant discret, directement intégré dans le sous-vêtement, offrant ainsi une alternative intéressante aux tampons, serviettes et autres coupes menstruelles.

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Ce produit serait non seulement une nouvelle possibilité en termes de protections, mais aussi une petite révolution : la marque déclare que ses culottes hygiéniques ne fuient pas, sont antimicrobiennes et gardent l'utilisatrice au sec. Elles ont été conçues dans le but que les règles ne soient pas un obstacle dans la vie des filles et femmes du monde entier.

La clé du succès de cette culotte mise en avant par la marque serait donc la "discrétion". Car dans de nombreux pays, cette période mensuelle de la vie des femmes est encore tabou.

How the THINX pants work Image: She THINX

Voici comment la culotte THINX fonctionne (Crédit Image : She THINX)

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Une culotte pour changer des vies

Ce n'est pas pour les filles occidentales que ce produit sera révolutionnaire, mais pour celles vivant dans les pays en voie de développement, où il est commun qu'elles n'aillent pas à l'école durant leur cycle menstruel. Chaque mois, environs 100 000 millions de femmes à travers le monde s'absentent à cause de leurs règles.

Une étude évalue par exemple que les filles vivant dans les zones rurales de l'Ouganda manquent en moyenne huit jours d'école chaque trimestre à cause du manque de ressources et du stigma qui entoure les menstruations. Ce tabou met ainsi en danger l'éducation de millions de femmes, car elles grandissent en redoutant l'arrivée de leurs règles.

Au Népal, la situation est dramatiquement similaire. Selon HerTurn, environs 30% des filles ne vont pas à l'école durant leurs règles. Et ça ne s'arrête pas là pour ce pays asiatique. L'UNICEF a mis en lumière la pratique du chaupadi : lorsqu'une fille a ses règles, elle a l'interdiction de toucher les hommes et les livres, mais aussi de manger et de dormir avec les membres de sa famille. 44% des filles vivant dans les régions centrales et occidentales du Népal sont victimes du chaupadi chaque mois.

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Periods are still largely taboo: Rupi Kaur uploaded her period blood photo onto Instagram and protested when it got deleted. Photo: Rupi Kaur

Les règles sont encore un tabou : Rupi Kaur a vu sa photo supprimée momentanément d'Instagram car on pouvait y voir du sang.
Photographie : Rupi Kaur

Bien que cette pratique soit officiellement bannie par la Cour Suprême des États-Unis depuis 2004, la culotte THINX (pouvant contenir le même flux que deux tampons) pourrait opérer un vrai changement dans les régions du monde où les menstruations sont stigmatisées, en rendant cet évènement mensuel presque invisible.

À lire : Instagram n'aime pas les photos de règles

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THINX se veut solidaire : pour chaque achat d'une de ces culottes, la marque s'engage à donner un pack de protections périodiques à une fille d'un pays ne disposant pas de protections hygiéniques. Dans l'idéal, ces filles devraient avoir une paire de ces sous-vêtements pour pouvoir faire face aux interdits et limitations culturelles de leurs pays lors de leur cycle. Mais le coût assez élevé de ces culottes (entre 24 dollars et 34 dollars) ne rend pour le moment pas cette option viable pour l'entreprise.

Peut-être que grâce à la popularité grandissante et au développement de protections hygiéniques réutilisables, les filles d'Ouganda, du Népal et de bien d'autres pays pourront reprendre la main sur leur vie et leur éducation. Même si, à terme, ce sont surtout aux mentalités d'évoluer et de comprendre qu'il n'y a rien de tabou dans cet évènement naturel.

Par Lydia Morrish, publié le 05/06/2015

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