(Image tirée du premier épisode de la troisième saison de Black Mirror)

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Comme dans Black Mirror, cette appli vous permet de noter des personnes

L’application Credo permet de noter la fiabilité d’une personne. Ça ne vous rappelle rien ?

Image tirée du premier épisode de la troisième saison de Black Mirror. (© Netflix)

Là, immédiatement, vous pensez à un season premiere d’une certaine série. Une certaine série ayant l’habitude d’imaginer de manière dystopique nos futurs comportements en lien avec Internet, les évolutions technologiques ou notre rapport aux réseaux sociaux.

Credo permet de donner une note personnelle (et d’en obtenir une), un indice de votre fiabilité et de votre crédibilité. À l’ère où le tiers des avis sur Internet se révèlent être faux, la start-up Credo360 – 360 étant le score personnel maximal – se donne ainsi pour mission de noter les gens sur la qualité d’une interaction.

Difficile de ne pas penser à Black Mirror et son épisode "Chute libre" (premier épisode de la troisième saison), où tout ce qui peut mal se passer (c’est Black Mirror, après tout) autour d’une application qui note vos interactions avec autrui se réalise : on y suit le personnage de Lacie, qui fait tout pour être assez bien notée et ainsi acquérir la maison de ses rêves.

Pour autant, dans un post publié sur le site de blogging Medium, le créateur de l’application, Irakliy Khaburzaniya, prend ses distances avec l’épisode de la série désormais produite par Netflix et explique les différences avec les usages de Credo360.

Il les classe en trois points :

  • D’abord, le critère qui détermine une interaction susceptible d’être notée. Ce ne sera pas le simple fait de partager un ascenseur ou d’acheter une baguette de pain, mais plutôt celui d’assurer une vente plus sérieuse, ou d'être une relation d’employeur à employé : il s'agira de donner la parole à "des personnes bien placées pour savoir si vous êtes fiables ou pas".
  • Ensuite, sur l’intensité de l’interaction. "Des notes de gens avec qui vous traitez souvent devraient avoir plus d’influence que celles de personnes que vous ne croisez qu’une fois. Par exemple, un propriétaire et un locataire devraient avoir une grosse portée l’un sur l’autre. Vendre un vélo, ce n’est pas la même chose." Le but est d'éviter l'écueil de la série, où l’on peut matraquer les notes de quelqu’un.
  • Dernier point : les notes sont anonymes. Cela évite l’effet de foule et les dérives liées à la peur d’avoir de mauvaises notes si l’on ne rentre pas dans le moule : "Cela encourage l’honnêteté, et les gens réfléchissent davantage en tant qu’individus, moins en tant que foule."

Bien noter les gens, une petite utopie

Certes, Credo a une idée et des valeurs – et sait où ne pas aller. Mais comme nous le rappelle Le blog du modérateur, cet objectif est difficile à atteindre pleinement. Encore une fois, il est difficile de limiter l’abus de faux avis, que ce soit d’une à cinq étoiles ou de 0 à 360 points.

Ensuite, notre bonne vieille subjectivité rentre en jeu : l’application ne peut certifier de la probité de votre rapport avec quelqu’un, et vous, rien ne vous empêche de saquer quelqu’un que vous ne pouvez voir en peinture. Et il est toujours important de souligner que le "curseur de qualité" dans une telle application peut vite se retourner contre l’utilisateur qui fournit le service – on pense notamment à Uber, où ne pas recevoir cinq étoiles peut vite être un petit drame en soi.

Par Benjamin Benoit, publié le 23/10/2017