Si vous deviez courir un 100 mètres face à un T. rex, vous gagneriez probablement

Selon une nouvelle étude, Jurassic Park nous aurait complètement trompés : le T. rex, du fait de sa morphologie, ne pourrait pas dépasser les 20 kilomètres/heure.

0bd0cb747ee3984222d778b774e2889e

© UIP

Si, au détour d’une rue passante, vous vous mettiez à arrêter vos congénères pour leur demander de nommer les trois prédateurs les plus dangereux ayant jamais foulé le sol de notre planète, il est fort probable que vous verriez se dessiner à peu près le même podium à chaque fois : le tyrannosaure rex, le lion et les grandes religions monothéistes le requin. Ce qui est cocasse, c’est que les trois sont de magnifiques escrocs : le lion passe 50 à 70 % de sa journée à pioncer pendant que la femelle fait tout le boulot, le requin blanc est un boy-scout aquatique à côté de l’orque ou du crocodile et le T. rex… Eh bien, le T. rex n’est même pas foutu de vous courir après pour vous bouffer, voilà.

Publicité

L’info, qui met un coup terrible à la réputation de badass du roi du mésozoïque, provient d’une étude menée par des chercheurs de l’université de Manchester, publiée le 18 juillet dans la revue en ligne collaborative Peer J – prenons donc les pincettes qui s’imposent – et relayée en France par Courrier international. Cette "enquête sur les capacités de course" du T. rex se penche sur la morphologie de l’un des plus grands dinosaures jamais étudiés et en tire une conclusion surprenante : les jambes du T. rex ne lui permettaient pas de taper des sprints, loin de là.

S’il court, il se pète une jambe

"En se basant sur les seuls muscles du T. rex, écrit la BBC, le modèle prédit une vitesse maximale de 30 kilomètres/heure", ce qui commence à être correct pour un animal sur deux pattes. Mais lorsque l’on prend en compte le poids du squelette, cette vitesse de pointe théorique chute… à 20 kilomètres/heure. À titre d’information, Usain Bolt, à la pointe de son meilleur sprint, atteint 44 kilomètres/heure. Mieux : si le T. rex tentait de se lancer d’un coup à votre poursuite, passant sans prévenir d’un rythme de marche à une cadence de course rapide, "ses jambes se seraient brisées sous le poids de son corps", poursuit la BBC. Conclusion : la grosse bestiole chassait en marchant. Tant mieux pour elle, car sa proie favorite, la famille herbivore des sauropodes, était encore plus lente que lui. Oubliez donc la grâce féline et la rapidité surnaturelle des T. rex de Jurassic Park : dans la vraie vie, voir la bête chasser devait avoir des allures de film au ralenti.

Si cela ne signifie pas pour autant que le T. rex n’était pas aussi puissant que l’on l’imagine, loin de là, la nouvelle a évidemment fait débat au sein des partisans de la bête. Depuis sa découverte à la fin du XIXe siècle, se remémore Newsweek, le T. rex a été présenté comme un animal rapide ; une hypothèse renforcée par la publication, dans les années 1980-1990, d’études montrant que la morphologie du dinosaure lui permettait sans doute de se déplacer très rapidement. Cependant, depuis une quinzaine d’années – et malgré le reboot de la franchise Jurassic Park –, de nouvelles études réfutent cette théorie et privilégient plutôt celle d’un animal tout simplement trop lourd pour sprinter, basant toute sa technique de chasse sur sa formidable puissance.

Publicité

Alors oui, le T. rex reste un formidable prédateur et s’il en apparaissait soudainement un en face de vous, nul doute que vous mouilleriez les couches. Mais si vous parveniez à vous reprendre avant de vous faire becter, un bon sprint vous aurait sans doute permis de sauver votre peau.

Par Thibault Prévost, publié le 21/07/2017

Pour vous :