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Coup marketing ou détournement de mineur pour James Franco ?

Publié le

par Constance Bloch

Depuis hier soir, des conversations privées entre James Franco et une jeune lycéenne font le tour de la Toile et scandalisent les internautes. "L'affaire" débute sur Instagram, le réseau de partage d'images préféré de l'acteur.

Sur les captures d'écran divulguées un peu partout sur le web, on peut lire des messages privés envoyés par le comédien à Lucy, une jeune écossaise en visite à New York avec ses parents.

Après lui avoir demandé combien de temps elle comptait séjourner dans la grosse pomme et si elle était majeure, James Franco demande à la jeune fille si elle a un petit ami. Lucy répond qu'elle a "bientôt 18 ans" et qu'elle est célibataire si l'acteur est dans les parages.

Une conversation dérangeante qui se transforme rapidement en échange de SMS plus explicites, dans lesquels l'acteur ne passe pas par quatre chemins. Directement, il demande à la jeune fille dans quel hôtel elle loge et s'il doit louer une chambre.

Folle de joie puis méfiante, Lucy va demander à l'acteur une preuve qu'il s'agit bien de lui derrière le téléphone. Il va alors s'empresser de lui envoyer un selfie avec le nom de la jeune fille écrit sur un bout de papier.

Plus de doute possible, c'est bien James Franco l'auteur de ces messages déplacés.

Ces conversations très privées émergent mystérieusement sur la Toile, et il n'en faut pas plus pour que les réseaux sociaux et les médias s'en emparent.

Une histoire reprise par la presse

Cet après-midi, c'est toute la presse people et même des médias généralistes qui se sont épris de l'affaire. Pour Voici.fr, l'acteur "drague ouvertement une fille de 17 ans". Le Daily Mail britannique titre de la même manière, rappelant que l'interprète récompensé pour son rôle dans Spring Breakers est âgé de 35 ans. La polémique continue, envahissant peu à peu le web : le quotidien belge Le Soir parle même d'un James Franco qui n'aurait "aucun scrupule à draguer une jeune fille de la moitié de son âge".

Cependant, la conversation émane d'une source anonyme, uploadée sur le site d'images imgur.com, le 2 avril et les captures d'écran massivement partagées ont été retirées dès le lendemain. Si l'acteur s'est contenté d'un quasi silence comme ligne de défense, c'est une nouvelle fois sur un réseau social – et avec humour – qu'il a fait la seule référence évidente à cette "affaire".

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James Franco, roi des réseaux sociaux

Actuellement à l'affiche d'une pièce à Broadway, acteur, réalisateur de trois films en 2013, chouchou des médias avec ses 1,84 millions de followers sur Twitter, addict à Instagram où il a également de nombreux abonnés : James Franco est partout.

Et à en juger par les passions qu'il déchaîne à chaque photo postée sur Instagram ou chaque apparition publique, c'est un acteur qui passionne. De quoi expliquer l'emballement médiatique de ces dernières heures, d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique.

Il faut se souvenir que Franco n'a pas peur de son image : l'autodérision dont il sait faire preuve sur les réseaux sociaux et avec ses contributions à la chaîne humoristique Funny Or Die attestent de la capacité de l'acteur à se mettre en scène d'une manière aussi peu brillante... même si ce n'est que le temps d'une journée.

Un coup marketing ?

Étrangement, cette polémique coïncide avec la promotion du film de Gia Coppola Palo Alto et fait écho à son intrigue. Dans ce long métrage sur le mal-être adolescent (dont nous vous parlions ici), l'acteur de 127 heures interprète un entraîneur de football qui s’éprend d'une joueuse mineure de l'équipe qu'il manage.

Toute cette affaire pourrait donc bien être un nouveau coup marketing orchestré par James Franco et son équipe pour faire un buzz autour de la sortie du long métrage. Tous les ingrédients de ce cocktail explosif sont renforcés par l'aspect ultraréaliste de l'histoire. Le compte de la jeune écossaise est bien réel (actif depuis 2012) et James Franco a l'habitude de communiquer avec ses fans.

Et comme il le dit lui-même dans une tribune sur le selfie du New York Times "l'attention, c'est le pouvoir".

Article co-écrit avec Théo Chapuis.

-> A lire : James Franco, artiste ou mégalo ?

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