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Un siècle après sa naissance, la Chuck Taylor de Converse se modernise

Publié le

par Naomi Clément

Depuis sa naissance en 1917, la Chuck Taylor, l'une des baskets les plus emblématiques de l'Histoire, n'avait pas vraiment connu de modifications. Voilà qui est chose faite : Converse dévoile aujourd'hui la Chuck Taylor II. Pour en savoir plus sur la recette de ce nouveau modèle, nous nous sommes rendus dans la cuisine où tout s'est préparé : le siège de Converse, à Boston.

La nouvelle Chuck Taylor II © Converse

Le QG de Converse se dresse au cœur de Boston, à Lovejoy Wharf, un zone qui longe la rivière Charles. Abandonné pendant une décennie, cet imposant bâtiment aux briques rouges abrite depuis un an le centre névralgique de la firme à l'étoile.

Dix étages parcourus d'œuvres spécialement conçues par des artistes comme Futura 2000, des archives présentant les toutes premières Chuck Taylor, dont celles portées par les Rolling Stones, ou encore un studio d'enregistrement dédié au programme musical Rubber Tracks.

C'est dans ces locaux que, depuis deux ans, l'entreprise travaille secrètement sur l'évolution de son modèle phare : la Chuck Taylor. Une basket jusqu'ici écoulée à 1 milliard d'exemplaires à travers le monde, dont il se vend une paire toutes les 43 secondes. Pour Damion Silver, directeur global du design, la popularité de ce modèle provient de plusieurs facteurs :

Son succès commence clairement avec le basketball, pour laquelle elle est au départ conçue, mais aussi avec le Rock'n'Roll. Des icônes culturelles comme James Dean, Elvis ou les Clash l'ont adoptée, sans doute parce que c'était une basket simple [...]

Pour moi, c'est un peu le T-shirt du pied : elle est aussi simple et facile à porter.

Dans le QG de Converse, la Chuck Taylor est partout © Naomi Clément

Un modèle aussi mythique que vintage

S'il est bel et bien mythique, le modèle n'a, depuis son invention il y a 98 ans, que très peu évolué. Bien que Converse ait multiplié les collaborations tout au long de son histoire (Rolling Stones, Missoni, Maison Martin Margiela, Comme des Garçons ou encore Patta), on ne décompte qu'un nombre infime de transformations fondamentales opérées sur la Chuck Taylor.

À côté de géants comme Nike ou adidas, qui connaissent ces dernières années un immense succès en jouant la carte du confort et de la technicité, il est vrai que Converse peut parfois passer pour une firme vintage, dont les modèles ne se diversifient ni n'évoluent guère.

Concernant la Chuck Taylor, l'apparition du modèle "low" en 1957 (très vite adopté par les surfeurs car facile à déchausser) et la réédition 70's sont d'ailleurs les seules et à peu près récentes modifications notables.

La Chuck II, en blanc © Converse

Une évolution majeure ?

Si le modèle se modernise aujourd'hui, ce n'est pas dans le but de fêter une quelconque date historique ou autre anniversaire de Converse. La genèse de la Chuck II serait en fait issue d'un processus de dialogue entre Converse et ses clients : pendant deux ans, les designers et autres créatifs de la marque ont réuni toute une flopée d'artistes et organisé des tables rondes pour tenter de capturer le désir de ces fidèles consommateurs.

Le tableau des commandements qui se dresse à l'entrée du QG bostonien aurait dû nous mettre la puce à l'oreille : "01. Le client a toujours raison".

Le 23 juillet dernier à Boston, Converse levait le voile sur son nouveau bébé © Converse

Mais qu'est-ce qui différencie vraiment la Chuck Taylor de sa nouvelle petite sœur ? 
L'aspect, tout d'abord. La Chuck II propose un design légèrement plus épuré que sa prédécesseur : la semelle blanche est plus haute ; le liseret de couleur qui traversait autrefois cette semelle n'est plus ; les œillets sont mats et monochromes, de la même couleur que la toile, qui devient pour l'occasion plus résistante ; et le patch All Star apposé sur le côté de la chaussure est entièrement brodé.

Mais c'est surtout son caractère technique qui la modernise : en plus d'avoir une partie montante rembourrée et une languette en soufflet antidérapante, la Chuck II est en effet dotée d'une semelle issue de la technique Lunarlon de Nike (qui possède l'entreprise depuis 2003). Ce qui lui confère le confort qui lui manquait depuis toutes ces années.

Peut-être certains adeptes seront-ils réfractaires à l'aspect un peu plus technique de cette Chuck II ; mais il reste qu'avec elle, Converse s'ouvre à la modernité tout en retournant à ses origines : une basket fonctionnelle, aussi simple à porter qu'un T-shirt.

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