C'est prouvé : nos grands alliés dans la colonisation de Mars seront... les vers de terre

En parvenant à faire naître des vers de terre dans une reconstitution du sol martien, la recherche a fait un grand pas vers la colonisation de la planète rouge.

Bientôt, on pourra faire pousser des patates sur la planète rouge, comme Matt Damon dans Seul sur Mars. (© 20th Century Fox)

Non, le sol martien n’est pas l’enfer désertique que l’on imagine. Après avoir déjà prouvé en 2016 que la composition de la surface de Mars pourrait permettre de faire pousser toutes sortes de plantes comestibles (en l’occurrence, des petits pois et des tomates), les chercheurs de l’université néerlandaise de Wageningen ont annoncé, le 27 novembre, avoir réussi à faire se reproduire des vers de terre dans leur reconstitution du sol martien (évidemment baigné dans une atmosphère terrestre). Une première scientifique qui ouvre d’excitantes possibilités pour la colonisation humaine de notre voisine rouge.

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Étant donné que les plans de colonisation humaine de Mars s’affirment de plus en plus comme une réalité, il est désormais temps de se pencher sur les questions pratiques qui attendront les futurs colons débarqués sur cette hostile planète, à commencer par la subsistance. Pour s’assurer des réserves d’eau et de nourriture, pas d’autre choix que de mettre en place des écosystèmes fermés, sorte de terrariums géants où la température, l’ensoleillement et l’humidité de l’air sont contrôlés à loisir.

Un concept qui fait aujourd’hui consensus chez les théoriciens de la colonisation martienne : le 25 novembre, une équipe du MIT remportait la compétition architecturale Mars City Design, organisée conjointement par la Nasa et l’ESA, avec son projet Redwood Forest, de gigantesques dômes d’habitation conçus comme des forêts pouvant abriter une cinquantaine de personnes. Et si l’on sait désormais que les colons martiens ne manqueront pas d’eau sous leurs serres géantes grâce aux réserves de glace du nord de la planète, la question est maintenant de connaître la capacité d’acclimatation de la faune et de la flore terrestre à ce sol étranger. C’est là que les vers de terre entrent en scène.

Indispensable à la fertilisation

Une fois les graines plantées dans un sol martien fertilisé par l’engrais naturel des colons (oui, leurs déjections, exactement), la présence de vers de terre accélérera le processus de recyclage du sol. En effet, sur Terre, les lombrics et autres asticots jouent un rôle essentiel dans l’écosystème, en digérant les déchets organiques (un processus essentiel à la création de compost), mais aussi en rendant la terre plus fertile après l’avoir ingérée (en en modifiant le pH et en la rendant plus stable).

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Enfin, la création de galeries rend le sol plus poreux, ce qui facilite l’accès des végétaux à l’eau et l’air, rendant ainsi leur prolifération plus aisée. En d’autres termes, les vers de terre sont les urbanistes de nos sols, et sont capables de transformer une surface stérile en sol susceptible de produire plantes et légumes.

L’expérience menée à l’université de Wageningen fonctionne donc de la manière suivante : à la base, quelques échantillons de simulations de sol martien, gracieusement fournis par la Nasa (provenant en réalité d’un volcan hawaïen et d’un désert d’Arizona), fertilisés par du lisier de porc et du fumier. Pour terminer, quelques vers adultes et de la roquette. Et là, miracle : non seulement les expériences montrent que la roquette s’est parfaitement développée dans chacun des petits écosystèmes… et les vers se sont reproduits, ce que les chercheurs n’avaient même pas prévu.

Une excellente nouvelle pour les plans de colonisation, donc, et pour l’université de Wageningen, qui devrait pouvoir continuer ses expérimentations entamées en 2013. L’année dernière, le centre de recherche avait eu recours au financement participatif pour mener ses études sur la pousse de légumes sur le sol de Mars, et avait ensuite remercié les participants en organisant un repas concocté à partir des récoltes. En 2017, une nouvelle campagne de financement a été lancée pour continuer les recherches. Et cette fois-ci, on vous rassure, pas de buffet de vers de terre en prévision.

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Par Thibault Prévost, publié le 06/12/2017

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