Web : la confiance des internautes français recule sur tous les fronts

Les Français sont préoccupés par le sort de leurs données personnelles sur Internet : e-commerce, données bancaires, indications de santé et données personnelles... la confiance des internautes recule sur tous les fronts.

Entre le scandale de la NSA, les révélations d'espionnage entre alliés de l'Otan et la Loi Renseignement, les Français commencent à comprendre l'enjeu de l'exploitation des données sur Internet – et à s'en prémunir (Crédits image : Intel Free Press/Flickr)

Entre le scandale de la NSA, les révélations d'espionnage entre alliés de l'Otan et la Loi Renseignement, les Français commencent à comprendre l'enjeu de l'exploitation des données sur Internet – et à s'en prémunir (Crédits image : Intel Free Press/Flickr)

“Faire confiance aux hommes, c’est déjà se faire tuer un peu”, écrivait depuis le perchoir de son pessimisme ordinaire Louis-Ferdinand Céline dans les pages du Voyage au bout de la nuit. Pas sûr qu'ils l'aient tous lu, mais de nombreux internautes semblent bien d'accord avec le sulfureux écrivain lorsqu'il s'agit de leur rapport à Internet.

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Selon un sondage mis en ligne ce lundi, un utilisateur du web sur cinq se déclare aujourd'hui réticent à communiquer ses données personnelles en ligne, quand trois sur quatre s'opposent à être géolocalisés.

Les résultats de ce questionnaire constituent tous les deux ans le baromètre biennal 2015 Caisse des dépôts/Acsel consacré à "La confiance des Français dans le numérique". En 2013 déjà, 75% des sondés disaient vouloir refuser la géolocalisation. En deux ans, les Français ne seraient pas plus emballés par le positionnement relayé par satellite (74%).

Ces résultats sont cohérents avec leur confiance globale en le web : assez mauvaise. 40% des internautes prétendent avoir "globalement confiance dans l’usage d’Internet", alors qu'ils sont 60%, soit une grande majorité des sondés, à juger son usage "risqué". L'AFP, qui relaye l'info, rappelle que si 21% des internautes s'affirment désormais "réticents à la communication d’attributs d’identité en ligne", ils n'étaient que 15% en 2013 lors de la précédente enquête – et... 5% en 2009. Avec le temps, il n'y a aucun doute que la défiance envers Internet s'affermit dans l'inconscient général.

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Mais c'est l'e-commerce qui semble le plus pâtir de l'érosion de la relation entre Internet et les Français : aujourd'hui, 36% d'entre eux déclarent ne pas vouloir "communiquer leur numéro de carte bancaire en ligne" contre 26% en 2011. Surprenante évolution : 31% disent qu'ils "n'aiment pas acheter à distance", contre seulement 15% en 2011. D'ailleurs le Français est tactile : 38% des sondés expliquent qu'ils "préfèrent toucher les produits", soit huit points de plus qu'en 2011. Pour finir, un internaute sur deux n'hésiterait pas à déclarer qu'il n'a pas confiance dans les sites de e-commerce étrangers.

Pour vivre heureux, vivons cachés ?

Ce n'est pas fini. 61% des internautes jugeraient "risqué" d'enregistrer leurs coordonnées bancaires sur le web, soit 14 points de plus en faveur de la méfiance face au même sondage en 2013. Les objets connectés laissent le même sentiment aux sondés : 61% d'entre eux se sentent "gênés" par le stockage de données de ces petits joujoux 2.0 dans l'immensité du web, alors qu'une majorité écrasante de 86% est préoccupée par "le partage de ces données avec d’autres acteurs, avec ou sans consentement".

À ce stade, on ne s'étonne guère que seuls 18% des sondés déclarent qu'ils communiqueraient des informations relatives à leur santé sur Internet alors qu'ils étaient... 29% il y a deux ans. D'ailleurs, moins d'un tiers (29%) se dit prêt à mettre en ligne des photos, contre la moitié (49%) en 2013. Pour finir, payer les Français ou leur donner des avantages en nature contre leurs données personnelles semble vain : 86% d'entre eux ne voient "pas d’intérêt à valoriser leurs données en échange d’avantages".

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Cette enquête, réalisée en mars auprès d'un échantillon d'un millier d'utilisateurs du web en France selon la méthode des quotas, mettra encore quelques temps pour être correctement analysée. Dans l'actualité, il a été de nombreuses fois fait état de l'exploitation de données des individus, comme avec le scandale d'espionnage de la NSA américaine.

Quoi qu'il en soit, cette actualité nous rappelle une fameuse chanson, bien française celle-ci.

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Par Théo Chapuis, publié le 06/07/2015

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