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Le concours de la police nationale enregistre un nombre record de candidats

Le millésime 2016 du concours de la police nationale, qui se déroule jeudi 10 mars, a enregistré 35 000 candidats. Un record historique... dû au Bataclan ?

PARIS - APRIL 27: French police control the street, Paris the 27

© konstantin32/iStock

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"La France est en guerre", avait prévenu François Hollande au lendemain de la tuerie du Bataclan. Alors que l'état d'urgence est toujours en vigueur, il semble que les Français aient compris le message. Et qu'une partie d'entre eux, au moins, soit volontaire pour participer à l'effort de guerre : selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, rapportés par France Info, 35 663 candidats se sont retrouvés jeudi 10 mars dans les 33 centres d'examens de France pour passer le concours d'entrée de la police nationale. Un record historique, et une augmentation de 42 % par rapport aux chiffres du concours de septembre 2015.

Pour les DRH des forces de l'ordre, c'est "du jamais vu". Si l'État avait bien anticipé l'effet des attaques de novembre sur les vocations policière, en proposant un concours d'entrée exceptionnel en mars pour répondre aux nouvelles exigences imposées par l'état d'urgence, la réponse des Français a dépassé leurs prévisions. Sur les 35 000 candidats à l'uniforme, l'État en sélectionnera 2800 le 15 juillet prochain, ce qui portera à 4 735 le nombre de jeunes intégrés cette année à l'école de police.

De l'antimilitarisme au renouveau patriotique

De manière générale, la perception qu'ont les Français (et particulièrement les jeunes) des forces de l'ordre a beaucoup changé depuis les attentats, loin de l'antimilitarisme débridé de la fin du XXe siècle et de la supposée proximité atavique entre uniforme et extrême droite : en février 2015, en pleine panique post-Charlie, la popularité de la police avait bondi de 20 points, passant à 84 % d'opinion positive. À la fin de l'année 2015, l'armée enregistrait 10 000 candidatures de plus que l'année précédente, tandis que les demandes concernant le service civique augmentaient de 107 %. Un engouement sans précédent, même si les recruteurs refusent pour l'instant de parler d' "effet Bataclan".

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Nous avions, à l'époque des attaques, rencontré ces jeunes soudainement décidés à devenir soldat ou policier pour comprendre ce renouveau patriotique chez une génération élevée dans le modèle communautaire européen : qu'ils choisissent l'armée ou la police, tous partagent la peur de devoir tuer, l'angoisse des attaques à venir, mais aussi  la détermination à protéger leur territoire et la défense des idéaux français. Pour le moment, tous ces jeunes en sont encore aux premiers tests. Il sera intéressant de voir si, d'ici un ou deux ans, les effectifs de l'armée et de la police auront effectivement rajeuni.

Par Thibault Prévost, publié le 11/03/2016

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