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Comment le béret est-il passé de pièce preppy à accessoire street ?

Publié le

par Dora Moutot

Frenchy et arty, le béret revient à la mode. On vous explique comment cet accessoire un peu désuet a réussi à se dépoussiérer.

Quand on vous dit béret, vous avez sans doute tendance à penser au cliché, ou devrais-je même dire, à la caricature de la Française avec sa baguette de pain, quelque part à mi-chemin entre le chic et le rustique. Ce célèbre couvre-chef "made in France" est en pleine opération dépoussiérage, les créateurs le remettent au goût du jour et filles et garçons s’en emparent et pavanent sur Instagram avec cet accessoire ressorti du fond du placard.

Le béret, nouvel accessoire de l’esthétique Instagram

Effectivement, sur Instagram, depuis plus de six mois, on observe un véritable revival du béret. De nombreux influenceurs ont adopté le look qui donne sans trop d’effort une touche "arty" à n’importe quel look. Et comme le pointe très bien ce "mème" Internet, on peut facilement affirmer que le look de Julia Roberts avec son béret dans le film, datant de 1999, Coup de foudre à Notting Hill, est pile poil le look du moment. Le béret n’est plus un accessoire preppy et cul-cul la praline, façon Blair Waldorf années 2000, au contraire, en 2017, celui-ci se porte de façon "street".

Sur les podiums, hiver 2017

Le béret s’est aussi vu revivre sur les podiums de la Fashion Week de l’hiver 2017. Chez Céline, qui innove en proposant un béret haut de forme, mais aussi chez Prada qui propose un béret masculin, chez Dior qui opte pour une matière cuir ou encore chez Kenzo qui innove avec un imprimé fleuri.

© Céline, Pre-Fall, 2017.

© Prada, Fall, 2017.

© Christian Dior, Fall, 2017.

© Kenzo, Fall, 2017.

La Corée, pays obsédé par les bérets

Mais si le béret revient à bloc, c’est aussi sans doute parce que grâce aux réseaux sociaux, on a aussi de plus en plus accès aux tendances de mode venues d’ailleurs, notamment d’Asie. Et en Corée, pays de plus en plus apprécié par la sphère mode occidentale, le béret semble très populaire ! L’accessoire est unisexe, femmes et hommes le portent. "Tendance menswear : le béret à la Fashion Week de Séoul" titrait Vogue il y a déjà un an. Et dans la vidéo ci-dessous, l’évolution de la tendance en Corée est expliquée.

Les Coréens ne font pas que recopier le béret français, en Corée, il se retrouve customisé, percé, brodé, lacé, etc.

@ Alibabaexpress

Souviens-toi Kangol

Si le béret est désormais un accessoire street, ce n’est pas la première fois que celui-ci tente de rentrer dans l’arène du streetwear. Il a connu des heures de gloire dans sa version streetwear avec le fameux béret Kangol, qui dans les années 1990 en a séduit plus d’un, de Tupac à Samuel L. Jackson (qui n’a d’ailleurs jamais lâché l’affaire, au point de devenir un mème, avec une page Facebook intitulée "Quand tu tournes ton béret et que tu ressembles à Samuel L. Jackson"). En décembre 2016, Alexander Wang avait d’ailleurs utilisé des bérets Kangol pour accessoiriser ses looks.

(© Facebook /Alexander Wang)

Le béret, à la fois conventionnel, arty et révolutionnaire

Mais pourquoi le béret plaît-il autant ? Celui-ci regroupe plusieurs atouts : il est à la fois assimilé à la culture française, au monde de l’art, mais aussi à la rébellion politique. Ahhhh… le béret, l’apparat parfait du révolutionnaire romantique !

Au-delà des enseignes à touristes de Montmartre où il est vendu, le béret vous évoque sans doute Brigitte Bardot et Édith Piaf, des icônes "bien françaises". Mais pas seulement, le chapeau est aussi associé à des peintres, des beatniks et des poètes comme Ernest Hemingway, Pablo Picasso, Marlene Dietrich, John Lennon et Yoko Ono. Le béret a une connotation intellectuelle et rebelle. Si rebelle que celui-ci a pris un tournant politique dans les années 1960 en devenant un symbole de la révolution à travers l’uniforme de Che Guevara, pour devenir ensuite le couvre-chef de choix d’activistes politiques comme celui des socialistes du mouvement Black Panther.

Pour creuser l’histoire du béret, direction le site MIC, qui retrace parfaitement, à travers un très bon article, toute son histoire.

(Che Gevara, Black Panthers)

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