Vidéo : l'émouvant coming-out d'Ellen Page

Cette nuit, Ellen Page était l'invitée de la conférence "Time To Thrive" organisée par Human Rights Campaign  à Los Angeles. Il s'agit d'une association américaine se battant pour les droits des LGBT. L'actrice canadienne de 26 ans (vue dans Inception, Juno ou Bliss) en a profité pour faire son coming-out et lancer un message, entre une industrie du cinéma carnivore et la violence à l'égard des homosexuels.

Nous avons traduit plusieurs passages du texte, certains l'étaient déjà (notamment une partie de la conclusion) par le site Madmoizelle. Au début de son speech qui va durer près de neuf minutes, elle affirme :

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C'est étrange parce que me voilà, une actrice, représentant - au moins dans un sens, une industrie qui nous impose des standards dévastateurs. Pas seulement aux jeunes, mais à tout le monde. Des standards de beauté. Une belle vie. Du succès. Des standards qui, je hais de l'admettre, m'ont affecté. Vous avez des idées qui sont introduites dans votre tête, des pensées que vous n'aviez jamais eu avant, qui vous disent comment vous devez agir, comment vous devez vous habiller et qui vous devez être. J'ai essayé de repousser cette donne, d'être authentique, de suivre mon coeur, mais c'est difficile [...].

Je sais qu'il y a dans cette pièce des personnes qui vont à l'école tous les jours et qui se font traiter comme de la merde pour aucune raison. Ou alors vous rentrez chez vous et vous ne pouvez pas dire à vos parents la vérité. Au-delà d'avoir été mis dans une boite ou une autre, vous vous inquiétez pour votre avenir. Pour votre université, votre travail et même votre sécurité. En essayant de créer une image mentale de votre vie - et de ce qu'il va vous arriver sur Terre - cela peut, petit à petit, vous tuer. C'est toxique, douloureux et profondément injuste.

Elle poursuit :

Vous êtes ici parce que vous avez adopté en vous une motivaiton, le simple fait que ce monde serait beaucoup mieux si nous faisions l'effort d'être moins horrible à l'égard de l'autre. Si nous prenions juste cinq minutes pour reconnaître la beauté de l'autre, au lieu d'attaquer son prochain à cause de nos différences. Ce n'est pas difficile. Ce serait une meilleure et une façon plus facile de vivre. Et au final cela sauverait des vies.

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Enfin, elle conclut :

Je suis ici aujourd’hui parce que je suis gay. Et parce que… peut-être que je peux changer les choses. Pour aider les autres à vivre une vie plus simple et avec plus d’espoir. Aussi parce que je sens que j’ai une obligation personnelle et une responsabilité sociale.

Je le fais aussi égoïstement, parce que je suis fatiguée de me cacher et fatiguée de mentir par omission. J’ai souffert pendant des années parce que j’avais peur d’être « découverte ». Mon esprit en a souffert, ma santé mentale en a souffert et mes relations en ont souffert. Et je me tiens ici aujourd’hui, avec vous toutes et vous tous, de l’autre côté de la barrière de cette douleur.

Je suis jeune, oui, mais j’ai appris que l’amour, sa beauté, sa joie et même sa douleur, est le plus incroyable cadeau qu’un être humain puisse donner et recevoir. Et que nous méritons tous de le vivre pleinement, à égalité, sans honte ni compromis.

Il y a bien trop d'enfants qui souffrent de tyrannie, de rejet ou tout simplement d'être abusé à cause de ce qu'ils sont. Trop d'étudiants qui quittent l'école. Trop d'abus. Trop de sans-abris. Trop de suicides. Vous pouvez changer cela et vous êtes en train de le changer.

Mais vous n'aviez pas besoin de moi pour parler de ça. C'est pour ça que c'était un peu bizarre. La seule chose que je peux vraiment dire, c'est ce que je viens d'accumuler ces cinq dernières minutes. Merci. Merci de m'avoir inspiré. Merci de me donner de l'espoir [...].

Par Louis Lepron, publié le 15/02/2014

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