Des traces de cocaïne retrouvées dans l'eau potable au Royaume-Uni

Une analyse de la Drinking Water Inspectorate vient de révéler la présence de particules de cocaïne dans l'eau potable en Grande-Bretagne. En dépit des processus intensifs de purification réalisés par les diverses compagnies du pays.

Gota de agua

En 2011, les experts de la brigade des stupéfiants du Royaume-Uni révélaient que 11% des billets de banque du pays comportaient des traces de cocaïne. Trois ans plus tard, la poudre blanche s'est également insérée dans l'eau potable. À force de passer trop de soirées à sniffer dans les toilettes, et d'y rejeter des traces de poudre blanche en urinant, les Britanniques se retrouvent aujourd'hui à boire une eau parfumée à la coke.

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Des traces de benzoylecgonine, le principal métabolite de la cocaïne, viennent en effet d'être identifiées dans l'eau potable de quatre sites de traitement d'eau par la Drinking Water Inspectorate, l'institut qui se charge de la qualité de l'eau au Royaume-Uni. Et ce en dépit des processus intensifs de purification réalisés par les diverses compagnies du pays. La DWI a également retrouvé des traces d'ibuprofem, l'anti-inflammatoire le plus répandu, et de carbamazepine, une drogue anti-épileptique.

L'échec des autorités britanniques

Bien que ces particules soient trop infimes pour avoir un quelconque effet sur la santé humaine, cette information soulève un problème : la consommation colossale de drogue en Grande-Bretagne. Selon l'association britannique DrugScope, 180 000 personnes seraient actuellement dépendantes de la coke au Royaume-Uni, sans parler des 700 000 individus âgés de 16 à 59 ans qui consomment cette drogue chaque année.

Une étude dirigée par Transform (un organisme anglais qui se bat pour la régulation des produits illicites et dont le motto est "Take drug under control") vient d'ailleurs de révéler que les autorités britanniques sont actuellement en train de perdre la bataille contre la drogue. Au point que cette dernière, donc, se retrouve dans l'eau potable consommée chaque jour par la population. Dans une interview accordée au Sunday Times, un porte-parole de Transform confiait à ce sujet :

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Nous avons quasiment le taux de consommation de cocaïne le plus élevé de l'Europe de l'Ouest. En même temps qu'elle est de plus en plus consommée, cette drogue devient de moins en moins chère.

La brigade des stupéfiants dans leur lutte contre la consommation de cocaïne.

La brigade des stupéfiants dans leur lutte contre la consommation de cocaïne.

400 000 consommateurs en France

Qu'en est-il de l'autre côté de la Manche ? Les chiffres y sont un peu moins élevés, bien que la cocaïne soit le produit illicite le plus consommé en France après le cannabis. Selon un rapport de 2012 de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanes (OFDT), 400 000 Français ont consommé de la cocaïne en 2011, contre 700 000 en Grande-Bretagne chaque année comme rapporté plus haut.

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Bien que ne concernant qu'une petite frange de la population (en 2010, son expérimentation concerne 3,8 % des 18-64 ans), ce produit a néanmoins connu une diffusion croissante au cours des années 1990 et 2000. La part des 18-64 ans ayant expérimenté la cocaïne a été multipliée par trois en deux décennies, passant de 0,8 % en 1992 à 3,8 % en 2010.

En septembre 2013, une antenne CNRS de l’Université de Paris-Sud s'intéressait également à la consommation de drogue par les Français, et a fini par pointer du doigt une autre vérité. Si en moyenne, la consommation de cocaïne serait de 130 mg/jour/1000 habitants en France, à Lille, c’est une autre paire de manches : elle varie de 1409 mg/jour/1000 habitants pendant la semaine à 2434 mg/jour/1000 habitants le week-end.

Soit "la plus forte consommation de cocaïne jamais retrouvée au niveau d’une ville dans toute l’Europe par des études comparables"selon le site Docbzz.fr.

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Par Naomi Clément, publié le 12/05/2014

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