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À cause du réchauffement climatique, la mer a englouti cinq des îles Salomon

Publié le

par Thibault Prévost

Cinq îles appartenant à l'archipel des Salomon, en Océanie, ont entièrement disparu sous l'effet de la montée des eaux. Une bande-annonce de ce qui attend la planète ?

Les îles Salomon, encore au sec. (© Solomon Tourism)

Chers climatosceptiques, tenez-le-vous pour dit : au fil des années, nier l'évidence d'un réchauffement climatique causé – du moins en partie – par l'expansion des activités humaines va devenir de plus en plus difficile.

On savait déjà que les espèces animales s'éteignaient mille fois plus vite que la normale, que la sixième extinction de masse avait déjà commencé et que le réchauffement pourrait transformer l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient en versions réelles de Mad Max, mais une nouvelle étude satellite, relayée par New Scientist, illustre encore mieux l'imminence d'une catastrophe climatique majeure : depuis 2014, cinq îles de l'archipel des Salomon, en Océanie, ont tout simplement disparu de la carte du monde, noyées sous des eaux toujours plus hautes. Et tout ça n'est (probablement) que le début, COP21 ou pas.

Les eaux montent de 7 millimètres par an

Si les cinq îlots en question (Kakatina, Kale, Rapita,Rehana et Zollies) étaient fort heureusement inhabités, ils étaient néanmoins couverts de végétation et servaient d'escales aux pêcheurs de la région. Depuis deux décennies, une combinaison "parfaite" de vents violents (qui génèrent des vagues plus importantes qu'à l'accoutumée) et du réchauffement climatique causé par l'homme (trois fois supérieur à la moyenne mondiale dans cette région)  a accéléré la montée des eaux, qui progressent de 7 millimètres par an contre 3 millimètres sur le reste du globe.

Selon Simon Albert, chercheur à l'Université du Queensland et responsable de l'étude, une montée des eaux de 7 millimètres par an est à prévoir "pour la seconde moitié du siècle". L'étude, qui compare des photos satellites de la région prises depuis 1974, a montré que sur l'archipel de 33 îles, outre les cinq désormais englouties, six autres ont vu leur superficie réduite de 20 à 62 %. La plus peuplée d'entre elles, Nuatambu, a vu 11 maisons sombrer depuis 2011. Un avant-goût, explique l'étude, de ce qui attend le reste des régions côtières du monde pour le siècle à venir. D'ici à 2100, 150 à 200 millions de personnes pourraient subir directement les effets de la montée des océans, dont un million de Français.

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