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Ce site vous propose de sauver le monde en quelques clics

Un site créé par deux étudiants propose d'inciter, d'une manière aussi minimaliste que frontale, à aider le Haut commissariat aux réfugiés.

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Capture d'écran du site

"Cliquez ici pour sauver le monde", nous ordonne le texte placé au centre d'une page blanche et nue. L'injonction est difficile à refuser. On clique, la page charge, un autre texte apparaît. Et ainsi de suite. A chaque clic, l'étrange monologue de cette page Internet anonyme devient plus intime. La machine nous interpelle sur notre mode de vie, varie le ton, joue au bon et au mauvais flics, menace, flatte et vanne sans retenue. On clique toujours, en se demandant où tout ça nous mènera. Lorsque le site nous propose de faire une donation, on suspend l'index au-dessus de la souris... puis on clique, allez, par curiosité. C'était un faux, ouf. Sur l'écran, le texte devient sarcastique.

Créé par deux étudiants de l'école d'art numérique Hyper Island de Stockholm, Caroline Dagsköld et Paul Botwid, "Click here to save the world" est un projet d'étude intelligent qui propose une nouvelle manière d'inciter le public à donner pour la bonne cause (en l'occurrence, spoiler, il s'agit du HCR, le Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés).

Plutôt que de jouer sur le ressort de la culpabilité, le site développé par les deux étudiants se veut sarcastique et tranchant, tablant sur une réaction d'orgueil. "On nous a demandé de coder un site qui parlerait de la crise des réfugiés", explique Caroline Dagsköld, qui poursuit :

Nous voulions le faire avec une approche provocante envers nous, les Occidentaux. Nous sommes devenus si insensibles aux messages portés par les campagnes de dons traditionnelles que nous ne les remarquons plus. Et nous savons que les gens adorent cliquer, au point que ça en devient addictif.

Addictif, ludique, et plus efficace que de se faire interpeller dans la rue par un adolescent en K-Way fluo au sourire figé –"bonjouuuuur, vous avez deux minutes ?". Nan, désolé, j'suis en retard...

Par Thibault Prévost, publié le 23/11/2015