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Cité dans les Paradise Papers, Bernard Arnault se vengerait du Monde en le privant des pubs LVMH

Publié le

par Astrid Van Laer

D’après le Canard enchaîné, le PDG de LVMH n’aurait pas apprécié la publication dans Le Monde d’un article le mettant en cause dans l’affaire des Paradise Papers, au point de suspendre tout achat d’espace publicitaire par les marques de son groupe jusqu’à Noël. LVMH a démenti.

Le 8 novembre, le journal Le Monde a publié un article intitulé "'Paradise Papers'' : Révélations sur le patrimoine offshore de Bernard Arnault, première fortune de France". Il était révélé et expliqué dans ce papier comment l’homme d’affaires "a placé des actifs dans six paradis fiscaux différents" et comment il s’est entouré de pas moins de huit cabinets de conseil pour ce faire.

Le nom "Paradise Papers" désigne une enquête qui a abouti à la mise au jour d’un immense système d’optimisation fiscale. Dimanche 5 novembre, la publication des résultats de cette enquête, menée par un collectif de journalistes du monde entier, avait révélé la vaste utilisation de systèmes d’optimisation fiscale par les grandes fortunes mondiales, et parmi elles donc, Bernard Arnault.

D’après le Canard enchaîné du mardi 14 novembre, le milliardaire n’aurait pas apprécié que le quotidien expose ses sociétés offshore de Jersey, des îles Vierge ou encore de Malte au grand jour. En effet, en guise de représailles, le journal "s’est vu retirer jusqu’à la fin de l’année les pages pub de LVMH, premier annonceur de la presse française, soit un manque à gagner de l’ordre de 600 000 euros", écrit Le Canard.

LVMH dément

Bernard Arnault s’était défendu en assurant qu’il s’agissait d’actifs "constitués de manière parfaitement légale et naturellement connus des autorités fiscales". Mais, apparemment mécontent de la médiatisation de tant de légalité, Bernard Arnault aurait, selon le journal satirique, supprimé toutes les publicités du groupe Louis Vuitton Moët Hennessy.

Quand l’on sait que figurent dans ce groupe plus de 70 marques telles que Guerlain, Dior, Sephora ou Vuitton, on imagine le manque à gagner pour le quotidien du soir. Mercredi 15 novembre, le groupe LVMH a néanmoins démenti avoir effectué "une coupure totale", évoquant des "rumeurs fantaisistes" :

"Comme les lecteurs pourront le vérifier par eux-mêmes, les maisons du groupe LVMH seront bien présentes dans les pages du Monde et ses différents suppléments dans les prochaines semaines. […]

Une réflexion est toutefois engagée depuis plusieurs mois pour ces titres comme pour d’autres sur la réduction des investissements publicitaires dans les médias classiques, et sur l’augmentation des budgets dans les médias digitaux et plus en croissance."

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