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La Chine lance un satellite à l’assaut de la face cachée de la Lune

Publié le

par Thibault Prévost

Le 21 mai, la Chine a lancé Quequiao, un satellite qui servira de relais de communication entre la Terre et le futur robot d’exploration lunaire.

(© Unsplash)

L’Empire du Milieu est bel et bien déterminé à réaliser une prouesse technologique et spatiale inédite : explorer la face cachée de la Lune. Le 21 mai, l’agence de presse nationale Xinhua a révélé que le pays avait lancé, avec succès, le satellite Quequiao depuis le centre de lancement de Xichang, donnant le coup d’envoi officiel de son ambitieux plan de reconnaissance lunaire.

Embarqué à bord d’un lanceur longue Marche 4C, le satellite a décollé dimanche 20 mai autour de 23 h 30 heure française. L'engin de 425 kg a voyagé dans l’orbite terrestre pendant 25 minutes avant de se séparer de son lanceur et de débuter son trajet vers la Lune. Si la vidéo du lancement n’a pas été diffusée, Xinhua assure que tout s’est passé sans encombre.

Quequiao va donc rejoindre notre satellite naturel, situé à 384 000 kilomètres de la Terre. Il se placera ensuite en orbite sur le point de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, ce qui devrait lui prendre 8 à 9 jours. Un point de Lagrange est un endroit particulier de l’espace qui, en vertu de la mécanique gravitationnelle entre la Terre, la Lune et un troisième corps, permet à ce dernier de rester "fixe" par rapport aux deux premiers.

Le point de Lagrange L2, qui se trouve "derrière" la Lune sur l’axe Terre-Soleil, est particulièrement pratique pour observer l’espace tranquillement tout en communiquant avec la Terre, et c’est notamment là que se situera le futur télescope orbital James Webb. Une fois en place, il subira une batterie de tests pendant six mois pour vérifier sa capacité à relayer des données vers la Terre – tout en embarquant quand même des instruments de mesure pour analyser les fréquences radio habituellement bloquées par la présence de la Lune, because science.

Une première étape seulement

Mais Quequiao n’est pas une fin en soi, il n’est que la première étape d’un projet autrement plus ambitieux, que la Chine souhaite mener entre fin 2018 et début 2019 : l’exploration de la face cachée de la Lune par un robot, qui deviendrait le premier à réussir l’exploit – la dernière tentative, menée par l’Américain Ranger 4, remonte à 1962, et s’était soldée par un crash.

La mission, appelée Chang’e 4, devrait donc envoyer d’ici à 2019 un vaisseau qui contiendra le rover lunaire et le déposer au plus près du Pôle Sud-Aitken, une zone à fort potentiel scientifique. Et c’est là que ça se corse : la face cachée de la Lune étant, comment dire, cachée, il sera techniquement impossible au vaisseau et au robot de communiquer directement avec la Terre. D’où le lancement de Queqiao, qui agira comme un relais entre les techniciens et le rover d’exploration.

Avec ce premier lancement, la Chine concrétise donc enfin sa première mission spatiale d’envergure depuis cinq ans et justifie les milliards d’euros investis ces dernières années dans le développement d’un programme spatial en partenariat avec l’armée. Rappelons que le pays envisage toujours de construire une nouvelle station spatiale d’ici 2022 (pour remplacer Tiangong-1, qui terminait sa course dans le Pacifique il y a deux mois) et, un peu plus tard, d’envoyer ses propres astronautes sur la Lune.

Peu importent les enjeux diplomatiques, la mission Chang’e 4, si elle se déroule comme prévu, relèvera un défi technique et scientifique considérable. Et il n’y aura aucun agenda caché, n’en déplaise aux plus conspirationnistes : une étude des restes présumés du corps d’Hitler, menée par une équipe française, a conclu que le leader nazi était bel et bien mort sur Terre, et n’avait donc aucune chance de s’être réfugié dans une base secrète en forme de svastika sur la face cachée de la Lune. Désolé.

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