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Les cursus universitaires sur les mèmes se multiplient aux États-Unis et au Royaume-Uni

Publié le

par Lydia Morrish

Étudier Pepe the Frog comme les historiens de l’art étudient la Joconde. Beau programme.

<em>"Chuis pas venue ici pour étudier, ok ?"</em>

D’où viennent les mèmes, ces étranges créations qui pullulent sur Internet ? À la base, c’est plutôt simple : une photo, du texte et une circulation virale sur la Toile. Sauf que désormais les mèmes ont un pouvoir qui dépasse très largement celui des simples internautes. Ils peuvent notamment influencer l’esprit des gens et leur façon de percevoir les questions politiques.

Pensez par exemple à Pepe the Frog, cette grenouille défoncée inventée par le dessinateur Matt Furie qui s’est retrouvée catapultée en figure de propagande haineuse de la droite extrême américaine, bien loin de ce que son créateur souhaitait. La puissance et la viralité des mèmes sont donc devenues des sujets éminemment politiques et intéressent de nombreuses institutions de recherche.

À l’université de l’Illinois, les étudiants peuvent suivre un cursus intitulé "Meme Studies". Lancé en 2011 par Joan Lisenmeier, ce cours répondait avant tout à une demande des étudiants : "Un nombre incalculable d’étudiants sont venus me voir pour me demander pourquoi il n’y avait aucune chaire de memologie à notre université", expliquait-elle à l’époque. Cette université a été la première à offrir un véritable cursus complexe sur ce sujet. Même Cambridge s’y est mise à sa suite : d’après le journal de l’université britannique, un cours permettra bientôt à des étudiants de se pencher sérieusement sur la question.

Ce cursus, qui sera lancé cet été, s’intitule "Comprendre et analyser la révolution des mèmes" et analysera ces insaisissables créations collectives dans leur contexte social et culturel. On y abordera évidemment Pepe the Frog ou encore "Cash me ousside", récents classiques du genre. De nombreux débats, des séminaires et des cours permettront aux étudiants d’aborder ce phénomène avec une véritable analyse informée.

Le professeur D. Oge, qui a milité pour ce cursus et a passé un doctorat sur les phénomènes viraux explique au journal de Cambridge :

"Ce cours arrive à temps, nous devons accepter la place de plus en plus importante des mèmes au sein de notre société. De la même manière que les chercheurs ont analysé l’art de la Renaissance, nous souhaitons nous intéresser au mème en tant que production caractéristique du XXIe siècle."

À quand une chaire au Collège de France sur les mèmes ?

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