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Des politiques tentent de surfer sur le succès de Pokémon Go (et c'est un échec)

Publié le

par Théo Chapuis

Tel Carabaffe, certains élus ont rivalisé d’enthousiasme pour je développé par Niantic (© Pokémon)

Quelques hommes et femmes politiques tentent de prouver qu'ils sont dans le coup en misant sur des références au phénomène Pokémon Go. Attrapez-les tous (les votes) !

Tel Carabaffe, certains élus ont rivalisé d'enthousiasme pour le jeu développé par Niantic. (© Pokémon)

Une des règles bien connues en politique, c'est qu'il s'agit d'avoir un avis sur tout. Et comme depuis quelques semaines Pokémon Go crée divers remous dans l'actualité, on a vu les premiers élus français surfer sur le succès du jeu comme sur n'importe quel autre fait de société.

Premier constat : Pokémon Go n'est ni de droite ni de gauche. Sans complexe, le jeu au succès planétaire réussit à transcender les clivages politiques : certains sont pour, certains sont contre. Deuxième constat : comme prévu, la plupart des élus n'y comprennent pas grand-chose. Voyez plutôt.

Laurence Rossignol

Dimanche 24 juillet, jour du lancement officiel de Pokémon Go en France, sur Twitter, Laurence Rossignol a ironisé sur ce "nouveau jeu pour favoriser les échanges, la curiosité et l'attention à l'autre". Elle a cru bon d'accompagner sa vanne d'une photo de jeunes gens les yeux rivés sur leur smartphone – prise le 23 juillet et montrant effectivement des joueurs de Pokémon Go à Tokyo.

Pour sa défense, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes ne pensait sans doute pas piquer au vif une si large communauté. Bien vite, elle a expérimenté un retour de bâton dont elle se serait bien passée : indignés, certains lui ont rappelé des articles de nos confrères qui parlent de la réelle dimension sociale du jeu.

D'autres lui ont mis sous le nez une capture d'une vidéo du Petit Journal où elle joue à Ruzzle, un jeu vidéo, sur son iPad à l'Assemblée nationale. Oups. Comme un internaute lui a fait remarquer, voilà une occasion de se taire manquée pour Laurence Rossignol.

Une heure de trolling plus tard, la ministre s'est fendue d'un nouveau tweet en forme de mea culpa :

Comme Le Lab d'Europe 1 le relève, l'affaire s'est poursuivie ce lundi matin sur le plateau de LCI où Mme Rossignol était invitée, l'élue s'est justifiée en affirmant que c'était son "rôle" de poser cette question : "est-ce que le lien social en sort renforcé ou affaibli ?" Elle s'est également déclarée "convaincue de la volonté d'un certain nombre" d'internautes de lui prouver que le jeu amène à "plus de sociabilité".

Marisol Touraine

Si la ministre des Familles s'interroge encore, celle de la Santé est convaincue du bon impact du jeu vidéo sur la population. Marisol Touraine a pris elle aussi la parole à ce sujet sur Twitter. Elle applaudit le jeu pour l'activité physique qu'il procure aux joueurs, mais les encourage néanmoins à rester "bien attentifs pour éviter l'accident".

Eh oui, avoir le nez collé sur son smartphone en marchant dans la rue, c'est dangereux : rappelons que d'après le Los Angeles Times, deux Californiens sont malencontreusement tombés d'une falaise dans leur quête de Pokémon.

Cécile Duflot

Cécile Duflot semble observer le phénomène avec de la bienveillance : dans un tweet, la députée écologiste dresse un rapport entre le jeu en réalité augmentée et "l'esprit d'enfance de la chasse au trésor" qu'il ravive.

Bruno Le Maire

Il n'y a pas que les élus de gauche pour partager leur sentiment sur le jeu. Plusieurs responsables Les Républicains se sont également emparés du jeu de Niantic. Le premier, Bruno Le Maire, s'est montré dimanche en fin d'après-midi sur Twitter en pleine chasse d'un Pikachu, à la gare Saint-Charles de Marseille.

Dommage, le député de l'Eure a oublié un détail : le jeu ne se joue pas avec le téléphone brandi en mode paysage, mais en mode portrait : aussitôt de nombreux Twittos l'ont raillé pour tentative de récupération dans sa course au Canarticho à l'échalote avec les autres candidats à la primaire de la droite.

Geoffroy Didier

Petit Poucet dans la course à l'intronisation du candidat de la droite à l'élection présidentielle, Geoffroy Didier a tweeté une photo de lui avec un Salamèche à ses pieds, montrant ainsi qu'il exploite avec plus d'habileté que son camarade Bruno Le Maire le bénéfice de la réalité augmentée.

Avec humour, il a fait mine de demander aux organisateurs de la primaire si le Pokémon de type feu avait le droit de l'aider dans la course aux parrainages.

Isabelle Balkany

Pour finir, signalons le tweet sibyllin d'Isabelle Balkany (depuis supprimé mais visible ici) dans lequel elle fait mine de questionner : "Quelqu'un explique aux vieilles dames, pour leurs petits-enfants, ce qu'est Pokémon Go ?" Alors que l'adjointe est visée dans une série d'enquêtes judiciaires avec son édile de mari, Patrick Balkany, elle a reçu quelques réponses un brin moqueuses.

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