Des centaines de sacs mortuaires sont apparus sur une plage anglaise

À Brighton, ville située au Sud de l'Angleterre, des centaines de sacs mortuaires étaient disposés sur la plage, quelques jours après la disparition de 800 migrants en mer.

Ce matin, 200 sacs noirs en plastique sont apparus, bien alignés, sur une plage de Brighton, une ville située au sud de l'Angleterre. Rassurez-vous, des corps bien vivants étaient dedans, aux côtés d'un hashtag : "#DontLetThemDrown".

Cette mise en scène macabre est en réalité une opération de communication d'Amnesty UK destinée à réagir face à la réponse "honteuse" de la Grande-Bretagne après la mort de 800 migrants au large de la Libye ce dimanche 19 avril.

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Photograph: Anmesty

Crédit Image : Anmesty UK

Si le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à une plus grande coopération internationale tandis qu'un sommet extraordinaire était organisé ce jeudi 23 avril, Amnesty UK, par la voix de sa présidente Kate Allen, trouvait à redire à propos de la réaction anglaise :

Les dirigeants européens se rassemblant à Bruxelles se voient donner l’occasion historique de mettre fin à cette tragédie humanitaire qui prend des proportions colossales [...]. Jusqu'à maintenant, la réponse du gouvernement britannique a été honteuse, mais les ministères des affaires étrangères [européens, ndlr] semblent s'être réveillés afin d'agir.

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Et pour John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale :

La négligence de l’Europe, qui a manqué au devoir qui est le sien de sauver des milliers de migrants en péril dans la Méditerranée, est comparable à celle de pompiers qui refuseraient de sauver des gens sautant d’un immeuble en feu. Il incombe aux gouvernements non seulement d’éteindre le feu mais aussi d’attraper les personnes qui ont sauté du rebord de la fenêtre.

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L'organisation accuse les pays européens d'avoir mis fin à "Mare Nostrum", une opération abandonnée en octobre 2014 qui voyait la marine italienne s'occuper des migrants. En remplacement, l'opération "Triton". Lancée au 1er novembre 2014 elle s'occupait, au grand dam des ONG et d'Amnesty International, plus de la surveillance des frontières que de la protection des migrants qui atteignaient les frontières européennes par la mer.

Des analystes prédisent la mort de 30 000 migrants pour l'année 2015, dont 2500 enfants. Et d'après l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le chiffre de 3279 migrants disparus en 2014 pourrait être dépassé dans les semaines à venir.

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Par Matthew Kirby, publié le 22/04/2015

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