"Ceci n'est pas un cintre" : la campagne mystérieuse qui défend le droit à l'avortement

Des photos de cintres et un étrange message, "Ceci n'est pas un cintre", interpellent les internautes sur les réseaux sociaux depuis le début du mois. Si le sens officiel de ce message ne sera donné que le 21 septembre, des internautes ont déjà levé le suspens.

Des photos de femmes et d'hommes, un cintre à la main avec l'inscription "#cecinestpasuncintre" circulent sur les réseaux sociaux depuis le début du mois de septembre. Certaines des personnes représentées sur ces clichés sont connues, à l'instar de l'auteure de BD Pénélope Bagieu ou de la militante antiraciste Rokhaya Diallo.

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Une page Facebook et des comptes Twitter et Instagram, tous deux intitulés "Ceci n'est pas un cintre", reprennent les publications de ces photos et tentent de faire patienter les internautes jusqu'à la révélation officielle du sens de cette opération de com', le 21 septembre. Toutefois, plusieurs personnes pensent avoir déjà découvert ce qu'évoquait ce cintre, malgré les fausses pistes lancées par les organisateurs de la campagne.

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Il s'agirait, a priori, d'un message à propos de l'avortement. Plusieurs indices menaient naturellement à cette conclusion. Déjà, le site de ce mystérieux programme ne propose rien de plus qu'un compte à rebours finissant le 28 septembre prochain, soit pour la journée mondiale du droit à l'avortement.

Ce cintre ne serait donc pas le cintre que nous connaissons – sur lequel nous pouvons accrocher et ranger nos vêtements –, mais celui qui représente les avortements clandestins. En France quand l'avortement était interdit (il n'a été légalisé qu'en 1975), et sûrement encore ailleurs aujourd'hui, les interruptions volontaires de grossesse (IVG) se pratiquaient de façon grossière et dangereuse, parfois à l'aide de cintres transformés en crochets ou d'aiguilles à tricoter.

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Cette campagne arrive alors que Laurence Rossignol, ministre de la Santé, cherche à combattre les sites anti-IVG. La ministre ne cherche pas à contredire les avis soutenus par ces sites sur la question, mais elle a expliqué, sur la chaîne France info samedi 17 septembre, vouloir sévir quand ils "donnent des fausses informations".

Elle évoque même des peines pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. La ministre a ensuite déclaré : "Le 28 septembre pour la Journée Internationale de défense du droit à l'IVG je ferai [...] une annonce pour expliquer comment nous allons faire reculer ces sites manipulateurs."

Par Salomé Vincendon, publié le 20/09/2016

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