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Ce qu’on a retenu du passage de Marine Le Pen dans L’Émission politique

Publié le

par Cyrielle Bedu

La présidente du Front national était l’invitée de L’Émission politique, sur France 2, jeudi 19 octobre. Malgré un faible score d’audience, Marine Le Pen a tenté de se rendre crédible devant les Français et de faire oublier sa médiocre prestation lors de son débat face à Emmanuel Macron.

Il s’agit du pire score d’audience de toute l’histoire de L’Émission politique. Jeudi 19 octobre, alors que la présidente du Front national était l’invitée de l’émission, seulement 7,7 % des téléspectateurs (soit 1,7 million de personnes) ont regardé le programme.

On est loin du carton d’audience réalisé par la même Marine Le Pen, le 9 février dernier. Ce soir-là, en pleine campagne présidentielle, celle qui est aujourd’hui députée du Pas-de-Calais avait réuni 3,5 millions de téléspectateurs (soit une part d’audience de 16,7 %).

Marine Le Pen, qui s’était faite particulièrement discrète depuis la fin de la présidentielle, a donc tenté de redorer son image fortement écornée par le débat de l’entre-deux-tours face à Emmanuel Macron. En vain. Il faut dire que sa prestation avait marqué les esprits. Une séquence en particulier restera d’ailleurs à tout jamais dans les annales politiques :

Marine Le Pen avait donc du pain sur la planche hier soir. Retour sur les principaux moments de son interview.

Sur sa volonté de sortir la France de l’euro

Difficile de savoir si Marine Le Pen veut toujours que la France sorte de l’euro ou non. À la simple question : "Dans le mandat qui serait le vôtre, la France sortirait-elle de l’euro, oui ou non ?", l’ancienne candidate a répondu par un long discours et nous a un peu perdus…

"Nous allons voir si monsieur Macron va réussir à obtenir que la Banque centrale européenne ne soit plus indépendante, qu’elle réponde donc aux injonctions des États et que la masse monétaire qui est créée par la Banque centrale européenne n’aille plus aux banques mais aux États. Si tout ceci se déroule, ce sera merveilleux."

Ce que l’on retiendra, c’est que par deux fois, Marine Le Pen a répondu à cette question : "Nous allons voir." Son programme est donc un peu flou. "J’ai une vision pragmatique, je n’ai pas une vision idéologique de la monnaie", s’est-elle justifiée.

Au sujet du débat de l’entre-deux-tours…

"Je pense que j’ai manqué un rendez-vous important, cela a suscité de la déception et je suis consciente d’avoir pris part à cette déception", a reconnu Marine Le Pen quand la journaliste Léa Salamé lui a rappelé sa prestation chaotique lors de son grand débat face à Emmanuel Macron.

"Les Français attendaient que je vienne présenter mon projet […] et nous avons considéré qu’il était plus efficace de dénoncer la politique qu’Emmanuel Macron allait mettre en place", a continué l’ancienne candidate à la présidentielle.

Sur l’augmentation de son salaire

Au calme, Marine Le Pen a justifié le fait d’avoir augmenté son salaire de présidente du Front national de 66 % en juillet dernier, le faisant passer de 3 000 euros net par mois à 5 000 euros :

Sur Florian Philippot

Il était difficile de ne pas évoquer le cas de l’ancien vice-président du Front national, qui a claqué la porte du parti le 21 septembre, afin de lancer son propre mouvement, Les Patriotes.

Pour Marine Le Pen, Florian Philippot "a eu tort" de penser que le FN faisait un retour en arrière en ne se centrant que sur le thème de l’immigration. Pour Florian Philippot en effet, le FN "a […] fait un retour en arrière depuis quelques mois, il a un nouvel objectif qui n’est plus le pouvoir".

Pour Marine Le Pen, il s’agirait surtout d’une refondation :

"On est dans la continuation d’un processus de rénovation et de refondation assez profondes, engagé en 2011. […] [Florian Philippot] ne souhaitait pas cette refondation. Cela nécessite du courage, de l’humilité et la capacité de se remettre en cause – et tout le monde n’a pas cette force d’âme."

"Quand on a un poste aussi important que vice-président en charge de la stratégie et de la communication, on est un peu celui qui décide qui a le droit de parler et qui n’a pas le droit. Je pense qu’il y a énormément de gens autour de nous […] qui n’ont peut-être pas pu exprimer leurs positions."

À voir -> Vidéo : pour Florian Philippot, "le Front national n’arrivera jamais au pouvoir"

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