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Bon à savoir : votre poisson rouge peut synthétiser de l’alcool

Publié le

par Benjamin Benoit

Quand ils ne peuvent plus respirer, les poissons synthétisent… de l’éthanol. Un petit mystère éthylique du monde marin est enfin résolu.

Parce que les poissons aussi ont le droit de se la donner. <em>Le Monde de Nemo</em>. (© Disney/Pixar)

Une petite énigme du monde scientifique a été résolue par les résultats publiés récemment par le site spécialisé Scientific Reports. Entendons-nous bien : ce qui nous distingue des poissons, amphibiens et vertébrés à branchies est notre incapacité à survivre dans l’eau. On pourrait croire que pour les poissons rouges, le simple fait d’avoir des branchies leur permet de vivre sans faire de remous. Que nenni : ils peuvent survivre entre cinq et six mois sans oxygène, comme les carpes à la lune. Ce fait était jusque-là connu. Maintenant, on sait comment, et la réponse a le mérite d’être amusante.

Plus alcoolisés qu’un conducteur en délit

Le site Sciences et Avenir explique très bien ce processus. Quand vous faites un effort trop soudain et que vos muscles vous indiquent qu’il fallait mieux rester vautré quelque part, c’est que vous produisez de l’acide lactique pour combler le fait que ces mêmes muscles manquent d’oxygène. Avec cette contrainte presque identique, les poissons changent cet acide lactique… en éthanol, en alcool donc. "Sans oxygène, ils doivent produire de l’énergie autrement pour survivre. Alors au lieu de produire de l’acide lactique à la fin du processus métabolique, ils produisent de l’alcool", explique Cathrine Fagernes, la coauteure de l’étude, à Sciences et Avenir. Ce même article explique que les poissons, toujours dans une quête urgente d’économie d’énergie, peuvent à loisir désactiver certaines fonctions, comme la vue. En fait, les poissons rouges fonctionnent peu ou prou comme des ordinateurs, qui s’économisent. (Mais si ces derniers ne produisent pas d’éthanol…)

La suite est plus technique, et on se contentera de rapporter que l’enzyme utilisé dans cette synthèse s’appelle la pyruvate décarboxylase. Et l’article d’ironiser que, dans certains cas, un poisson peut donc se retrouver plus alcoolisé qu’un conducteur en situation de délit. Certaines portions d’eaux sans dioxygène peuvent forcer les "carpes à la lune [à] atteindre plus de 50 mg par 100 millilitres", comme le décrit le docteur Michael Berenbrink, aussi auteur de l’étude.

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