De plus belle Copyright NoLita Cinéma @http://www.allocine.fr/film/fichefilm-248250/photos/detail/?cmediafile=21442217

Les femmes atteintes d’un cancer ont 6 fois plus de risques d’être quittées que les hommes

Selon une étude américaine, ce décalage important s’expliquerait notamment par les conséquences de la maladie sur la vie sexuelle et affective des malades.

Florence Foresti dans le film De plus belle. (© NoLita Cinéma)

Selon une étude publiée en novembre 2017 dans la revue Cancer et relayée en France par BFM TV, les effets d’un diagnostic de cancer ou de sclérose en plaques sur le couple diffèrent largement selon que la personne malade est un homme ou une femme. L’étude s’appuie sur une enquête menée durant deux ans auprès de personnes âgées de 18 à 39 ans, jusqu’à 24 mois après l’annonce de la maladie. Sur les 58 % de participants vivant en couple (a priori hétérosexuels) au début de l’étude, seuls 43 % le sont encore deux ans après le diagnostic de la maladie. Et ce sont avant tout les femmes qui subissent des ruptures : elles ont six fois plus de risques d’être quittées par leur conjoint après l’annonce du diagnostic qu’un homme dans la même situation.

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Un "fonctionnement" sexuel différent entre hommes et femmes ?

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Le taux de séparation des patients en couple est en effet de 20,8 % lorsque c’est la femme qui est malade, au lieu de 2,9 % quand c’est l’homme. Un décalage important, qui s’expliquerait notamment par les conséquences de la maladie sur la vie sexuelle et affective des malades.

En effet, si plus de la moitié des participant·e·s ont rapporté des conséquences sur leur vie sexuelle, dont la probabilité augmente avec le temps, les premières touchées sont les femmes les plus âgées, mariées ou dans une relation sérieuse, traitées par chimiothérapie et rapportant une détresse psychologique et un manque de soutien social. "Pour les femmes, être dans une relation augmente la probabilité de rapporter des problèmes sexuels avec le temps ; pour les hommes, la probabilité de rapporter des problèmes sexuels augmente qu’ils soient ou non engagés dans une relation", précise l’étude.

Comme BFM TV le rapporte, cette différence s’expliquerait notamment par le fait que "pour une jeune femme, un diagnostic de cancer peut perturber son image corporelle, l’intimité qu’elle a avec son partenaire et la capacité à s’engager dans le sexe" selon Chiara Acquati, auteure principale de l’étude et professeure adjointe à la faculté d’études sociales de l’Université de Houston (UH Graduate College of Social Work) : "Nous avons conclu que le fonctionnement sexuel est réellement différent chez les hommes et les femmes", résume-t-elle.

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Détresse psychologique des femmes et manque de soutien

Il en ressort en tout cas que les équipes soignantes doivent prendre en compte ces effets du diagnostic sur la vie des patient·e·s :

"Les résultats de cette étude soulignent la nécessité de surveiller le fonctionnement sexuel au fil du temps, et de former les experts qui soignent les jeunes adultes atteints de cancer à propos de la sexualité."

La détresse psychologique et le manque de soutien invoqués par les participantes à l’étude, pour qui le fait d’être en couple augmente la probabilité de troubles sexuels, pourraient également trouver ses racines dans les stéréotypes de genre.

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Les Inrocks invoquent ainsi "la théorie du care, du soin, selon laquelle la 'capacité à prendre soin d’autrui' et le 'souci prioritaire des rapports avec autrui' sont dans nos sociétés traditionnellement polarisés comme féminines", théorisée par Carol Gilligan, dans son ouvrage Une voix différente, paru aux États-Unis en 1982 et en France en 1986 (éd. Flammarion).

Par Mélissa Perraudeau, publié le 05/01/2018

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