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Le Canada devrait légaliser la marijuana au printemps 2017

Publié le

par Thibault Prévost

Ingredients to roll a joint on a rustic wooden table

La ministre de la Santé canadien a affirmé face aux Nations unies que son pays déposerait un projet de loi de légalisation de la marijuana dans un an.

© OlafSpeler/ iStock

Pour le moment, les belles promesses de campagne du Premier ministre Justin Trudeau, qui avait promis en 2015 de légaliser la consommation récréative de marijuana "dans un an ou deux" en se basant sur l'exemple de son voisin américain, semblent en passe d'être tenues.

Mercredi 20 avril, à New York, la ministre de la Santé canadienne Jane Philpott, présente à la table de la session extraordinaire des Nations unies (UNGASS) sur le statut des drogues, a annoncé que son gouvernement libéral allait "déposer un projet de loi au printemps 2017 pour éviter que la marijuana tombe entre les mains des enfants et que les criminels en tirent profit".

Si aucun détail dudit projet de loi n'a encore fuité, les libéraux devraient privilégier une approche scientifique et une distribution nationalisée, à travers les points de vente d'alcool de la Société des alcools du Québec (SAQ) et du Liquor Control Board of Ontario (LCBO), à l'inverse des Etats-Unis.

Parallèlement à la disparition du délit de consommation et de possession de cannabis du Code criminel canadien, Ottawa devrait intensifier les sanctions envers les ventes aux mineurs et la conduite sous influence.

Au Canada, la weed bloquée dans une zone grise

Avec cette annonce, le gouvernement de Justin Trudeau envoie un signe fort à la communauté internationale, à l'heure où l'ONU a enfin reconnu à son tour l'échec d'une lutte antidrogue obnubilée par la répression tous azimuts. Au Canada, pourtant, la réaction des pouvoirs publics vis-à-vis de la marijuana est paradoxale : si le produit est légal lorsqu'utilisé a des fins médicales, il existe pourtant très peu de points de vente dans le pays et seule une poignée de médecins accepte de délivrer des ordonnances, ne laissant pas d'autre choix aux dispensaires que de vendre leurs produits aux patients sans ordonnance.

À Vancouver, capitale canadienne de la weed médicinale, la centaine de dispensaires recensée subit d'intenses pressions de la part des forces de l'ordre, tant sous la houlette du précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper que de celui, pourtant libéral, de Justin Trudeau. L'annonce de Jane Philpott devrait au moins rassurer ces commerçants... tout en donnant des maux de tête aux législateurs des Nations unies, qui se voient désormais dans l'obligation de réformer les traités internationaux en vigueur avant la promulgation de la loi canadienne.

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