Une campagne vidéo contre le viol ordinaire

Chaque année, plus de 85 000 femmes sont victimes de viols en France. Dans la très grande majorité des cas, estimée à 80%, c'est l'entourage qui sévit. Intitulée "Proches", la nouvelle campagne du Collectif Féministe Contre le Viol vient dénoncer ce danger trop souvent minimisé.

Capture d'écran, "Proches", CFCV 2015

Capture d'écran, "Proches", CFCV 2015

La nouvelle campagne vidéo du Collectif Féministe Contre le Viol, dit CFCV, prend d'assaut nos écrans. Diffusée sur dix chaînes de télévision ainsi que sur Internet, cette dernière a pour but de sensibiliser une population massive. Réalisée bénévolement, la campagne "Proches" met en scène un homme bien sous tous rapports à première vue. Chacune des protagonistes dit tout le bien qu'elle pense de lui, jusqu'à la dernière. La dernière femme qui apparaît au sein de la vidéo est présentée comme la victime d'un Monsieur Toutlemonde qui semble apprécié de tous.

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Dans un tel contexte, la honte tend bien souvent à être dans le camp de la victime. Peu de crédibilité, des amis communs... beaucoup de facteurs viennent aggraver la situation de la victime. Environ 13% des victimes de viols portent plainte. Parmi ces dépositions, seules 833 ont abouti à une condamnation en 2013. Quand l'agresseur fait partie de l'entourage de la victime, il y a fort à parier que ces statistiques déjà maigres baissent encore.

Le CFCV tente de mettre fin à cette politique du silence et de la honte qui pèse sur les victimes. Quand ces dernières arrivent à dépasser l'étape du dépôt de plaintes, elles sont bien souvent mal prises en charge. Que ce soit le jugement de leurs pairs ou celui des forces de l'ordre, nombre de raisons expliquent le malaise des victimes. Le CFCV accompagne donc sa vidéo d'un dossier, à destination de tous, contenant des consignes afin de prévenir toute faute dans les étapes succédants au viol.

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Un accompagnement nécessaire

Parmi les choses à éviter lors de l'accueil ou de l'écoute des victimes, il est possible de lire qu'il ne faut pas mettre en doute la parole de la personne concernée, il ne faut pas non plus, à l'inverse, dramatiser la situation à l'extrême en la présentant comme une victime à vie ou exprimer une pitié compatissante. Autant de règles de bon sens qu'il est facile d'oublier quand la situation se présente.

La campagne va au-delà de la simple sensibilisation au viol par l'entourage des victimes. Il s'agit réellement d'implanter cette réalité dans la tête de la population dans sa globalité. Le viol est fort en conséquences, qu'elles soient psychologiques, sociales ou physiques. Aussi, l'accompagnement doit être un pan majeur de la lutte contre ce qui constitue un crime pénal.

L'anticipation puis la protection et enfin la prise en charge des victimes constituent une priorité que l'État et les citoyens devraient intégrer et développer. Le viol tend encore à rester trop impuni. Aussi, le collectif revendique des enquêtes systématiques, le retrait définitif de l'autorité parentale aux parents violeurs ou bien la suppression totale de la prescription concernant les crimes contre la personne.

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Le défi de cette dernière campagne ?  Que la honte et la culpabilité changent de camp.

Par Aline Cantos, publié le 21/01/2015

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