"L'avenir du rock, c'est Justin Bieber" : la campagne choc d'Amnesty International

La nouvelle campagne choc d'Amnesty International Belgique, intitulée "Stop Torture !", met en scène Iggy Pop et le dalaï-lama. La torture, en plus de les avoir amochés, leur fait dire n'importe quoi. Efficace.

"Torturez un homme et il vous racontera n’importe quoi. En plus d’être inhumaine, la torture est inefficace. Arrêtons ça." C’est en ces mots qu’Amnesty International Belgique présente sa nouvelle campagne. L’ONG, qui défend le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme, frappe fort avec des affiches mêlant malaise par l’image et humour grinçant par le slogan.

Amnesty veut ainsi attirer l’attention sur les innombrables tortures pratiquées dans le monde entier :

Publicité

Humiliations. Simulacres d’exécution. Brûlures. Privation de sommeil. Torture à l’eau. Longues heures dans des postures contorsionnées. Utilisation de tenailles, de substances médicamenteuses et de chiens. Ces mots sonnent à eux seuls comme un cauchemar. Pourtant, tous les jours et dans toutes les régions du monde, ces horreurs inimaginables sont une réalité pour des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

Opération plutôt réussie, tant les affiches sont parlantes, que ce soit avec les visages amochés des célébrités, ou avec les slogans qui les accompagnent.

"L'avenir du rock'n'roll, c'est Justin Bieber", voilà ce que pourrait dire la rockstar Iggy Pop, sous la torture. (Crédit : Amnesty International Belgique)

"L'avenir du rock'n'roll, c'est Justin Bieber", voilà ce que pourrait dire Iggy Pop, sous la torture. (Crédit : Amnesty International Belgique)

Publicité

L’une montre le visage bien entaillé de la rock star américaine Iggy Pop qui, sous la torture, fait l’apologie de l’artiste canadien Justin Bieber. L’autre illustre un dalaï-lama au visage couvert d’hématomes et aux lunettes fissurées, qui affirme qu’un homme sans Rolex à 50 ans a raté sa vie – de quoi nous rappeler la très maladroite citation du publicitaire français Jacques Séguéla. Ce combo image/texte montre que sous la torture, on peut faire dire n'importe quoi à n'importe qui.

"Un homme qui n'a pas de Rolex à 50 ans a raté sa vie", et c'est le dalaï-lama qui le dit, sous la pression de la torture. (Crédit : Amnesty International Belgique)

"Un homme qui n'a pas de Rolex à 50 ans a raté sa vie", et c'est le dalaï-lama qui le dit, sous la pression de la torture. (Crédit : Amnesty International Belgique)

La torture pratiquée dans 141 pays

La campagne lance un double message : la torture est un acte moralement indéfendable et une pratique contre-productive. Une action qui vise à freiner un procédé plus répandu qu'on ne le pense, relève Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France.

Publicité

Dans le monde entier des gouvernements font preuve d'hypocrisie face à la torture. Ils l'interdisent à travers la législation mais l'encouragent dans la pratique.

La torture est non seulement toujours pratiquée, mais elle est même prospère dans de nombreux pays à travers le monde. De plus en plus de gouvernements tentent de justifier le recours à cette pratique au nom de la sécurité nationale, affaiblissant les progrès réalisés dans ce domaine depuis 30 ans.

Selon l’état des lieux que publie Amnesty International à l’occasion du lancement de sa nouvelle campagne pour combattre la torture, 141 pays continuent de pratiquer cet acte, trente ans après l'adoption d’une convention par les Nations unies.

Dans le cadre de cette campagne, Amnesty International France focalise actuellement son intention sur cinq pays où la torture est très présente : Mexique, Philippines, Maroc/Sahara occidental, Nigéria et Ouzbékistan. Et les États-Unis, réputés pour la prison de Guantanamo aux pratiques de tortures extrêmes  ? Et la Chine ? Et la Corée du Nord ? La liste peut être longue. Certains pays, où la torture devient une tradition, paraissent cependant intouchables.

Publicité

Par Rachid Majdoub, publié le 17/06/2014

Pour vous :