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87 millions de comptes Facebook seraient concernés par l’affaire Cambridge Analytica

Publié le

par Pierre Schneidermann

Le réseau social reconnaît ses erreurs et présente (encore) de nouvelles mesures de protection de ses utilisateurs.

(© Columbia Pictures)

Le 4 avril, Facebook s’est montré particulièrement bavard, avec un billet publié dans son espace presse et une conférence de presse téléphonique de 45 minutes (retranscrite ici) où, exercice de transparence rare, Mark Zuckerberg répondait aux questions des journalistes.

Dans le billet précédant la conférence, Facebook a avoué que non pas 50 mais 87 millions de profils d’utilisateurs avaient été collectés par Cambridge Analytica. Mais pourquoi donc le bon chiffre n’était-il pas sorti dès le début dans la presse ? Chris Wylie, le lanceur d’alerte à l’origine du scandale Cambridge Analytica, l’a expliqué sur Twitter :

Traduction : "Ouep. Il s’agissait bien de 87 millions de profils Facebook. Mais, pour être honnête, il pourrait y en avoir davantage. Les médias ne pouvaient pas publier plus tôt le chiffre exact à cause des menaces de poursuites. Plus d’un million de profils ont été récoltés au Royaume-Uni."

Facebook a également récapitulé son plan d’attaque pour la protection des données privées de ses utilisateurs. Dans la foulée de ce qui avait déjà été annoncé, beaucoup d’autres applications (les fameuses API) seront bridées concernant le recueil des données : il ne sera plus possible de trouver un utilisateur à partir de son numéro de téléphone ou de son mail (de très nombreux profils publics auraient ainsi pu être "aspirés"). À partir du 9 avril, les utilisateurs pourront aussi savoir si leurs données ont été récoltées par Cambridge Analytica et obtenir un récapitulatif des applications tierces installées sur leur compte.

On apprend au passage que les comptes concernés sont à plus de 80 % américains, puis philippins (1,4 %), indonésiens (1,3 %) et britanniques (1,2 %).

(© Facebook)

Concernant le reste de la conférence de presse, on peut retenir les points suivants :

  • Mark Zuckerberg témoignera finalement devant le Congrès, accompagné d’autres cadres dirigeants de l’entreprise.
  • Facebook se conformera au règlement général sur la protection des données (RGPD), qui sera mis en application le 25 mai prochain en Europe, pour ses utilisateurs du monde entier – avec toutefois des variantes locales encore floues qu’il faudra définir.
  • Mark Zuckerberg estime qu’il reste la personne la plus à même de diriger l’entreprise qu’il a créée. Argument : tout le monde fait et apprend de ses erreurs. À plusieurs reprises dans la conférence, Zuckerberg a reconnu sa propre responsabilité.
  • Personne n’a été viré de Facebook à la suite du scandale Cambridge Analytica.
  • La prolifération du hashtag #DeleteFacebook n’a pas eu "d’impact significatif" sur l’activité du réseau social.
  • Facebook ne changera pas de modèle économique et reste cramponné à la publicité.
  • Facebook s’autosurveillera sans ménagement pendant les élections importantes de 2018 à venir dans le monde (Mexique, Brésil, Pakistan, Hongrie, etc.). L’entreprise continuera à développer des outils recourant à l’intelligence artificielle.

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