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Déplacement de Macron à Las Vegas : une information judiciaire a été ouverte

Publié le

par Astrid Van Laer

Depuis le mois de mars, Business France, une agence que la ministre du Travail Muriel Pénicaud a dirigé jusqu’en mai 2017, fait l’objet d’une enquête. Un nouveau cap a été franchi vendredi 7 juillet avec l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour "favoritisme".

Vendredi 7 juillet, on a appris que des juges d’instruction allaient enquêter au sujet de soupçons de favoritisme dans le cadre de l’affaire Business France. Pour rappel, de 2015 à mai 2017, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a dirigé l’entreprise Business France, un établissement public sous tutelle du ministère de l’Économie.

Une enquête préliminaire a été ouverte en mars dernier pour favoritisme, complicité et recel de favoritisme au sujet d’un déplacement d’Emmanuel Macron, alors en poste à Bercy, à Las Vegas en janvier 2016. L’organisation de ce voyage avait été confiée à l’agence de communication Havas par l’organisme public Business France, sans appel d’offres. Un contrat lucratif puisqu’une soirée aurait coûté à elle seule 381 759 euros.

D’après Libération, qui assure avoir eu accès au "véritable audit", Muriel Pénicaud aurait fourni une synthèse "tronquée" à son conseil d’administration, à l’intérieur de laquelle de "nombreux dysfonctionnements [ont été] gommés" :

"Plutôt que de communiquer la totalité du rapport d’une soixantaine de pages, [Muriel] Pénicaud a préféré évoquer le dossier Las Vegas en quelques lignes, dans un document général, rédigé par ses services […]. À la lecture de cette synthèse, le déroulé des évènements deviendrait presque favorable à l’établissement public."

"Des éléments constitutifs du délit"

Mardi 20 juin, des perquisitions avaient été menées par des policiers de l’office anticorruption dans les agences Havas et Business France. Et d’après France Info, ces dernières ont été "fructueuses", permettant de mettre au jour des "éléments constitutifs du délit" et donnant donc lieu à l’ouverture d’une information judiciaire. Le ministère de l’Économie à la tête duquel était Emmanuel Macron n’est pas mis en cause dans cette enquête, contrairement à Business France.

Néanmoins, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner avait tenu à préciser que le départ de Muriel Pénicaud n’était selon lui "absolument pas une option", le 20 juin dernier, assurant : "Je pense que c’est une grande ministre du Travail et je pense que ça a été une directrice de Business France exceptionnelle, qui a elle-même déclenché tous les voyants quand il y a eu une anomalie." Un soutien réitéré la semaine dernière, lorsque Christophe Castaner s’est exclamé devant des journalistes :

"Avant de montrer du doigt tel ou telle qui serait en responsabilité, je vous invite à ne pas chercher à affaiblir […]."

"Nous sommes dans un moment important pour la réforme du travail."

À lire -> Sans pression, Castaner demande à la presse de ne pas "affaiblir" la ministre du Travail

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