Le bus chinois enjambant le trafic ne verra probablement pas le jour

Après une présentation en fanfare début août, le bus chinois capable de passer au-dessus du trafic serait en fait une arnaque à la levée de fonds.

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© China Xinhua News, via Facebook

Le prototype futuriste de bus capable "d'enjamber" le trafic, dévoilé en août dernier par la compagnie chinoise Transit Explore Bus (TEB), commence doucement à prendre des allures d'arnaque. Si le prototype de 22 mètres de long, 5 mètres de haut et 8 mètres de large existe bel et bien et a même effectué des tests sur une portion de rails de 300 mètres dans la ville chinoise de Qinhuangdao, il semble de moins en moins probable de voir d'autres exemplaires du véhicule passer sans effort au-dessus des grandes artères urbaines dans les années à venir.

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Selon Bloomberg, le TEB aurait surtout servi de prétexte à attirer des investisseurs pour des levées de fonds, les créateurs du concept faisant miroiter des rendements de l'ordre de 12 % de profit. Au total, ce seraient 26 millions de dollars (environ 23 millions d'euros) qui auraient été injectés par plus de 200 investisseurs dans la compagnie de Bai Zhiming, que Bloomberg décrit comme "un magnat de l'immobilier sans expérience dans les transports en commun".

Hommes d'affaires peu scrupuleux

Pourtant, dès la présentation du projet, de nombreuses voix s'étaient élevées pour critiquer sa structure, propice à se retourner, son inaptitude à s'adapter aux différentes hauteurs de véhicules ou aux différents obstacles urbains tels que les ponts ou tunnels, ou encore le coût faramineux de rénovation urbaine qu'impliquerait l'implantation de ce véhicule. En 2010, des premiers tests avaient été menés à Pékin, explique Bloomberg, avant d'être annulés par peur d'un accident.

Cela n'a pas suffi pour arrêter Bai Zhiming, qui y a donc vu une superbe occasion de pigeonner quelques investisseurs via une structure de prêt de pair à pair, ou "P2P lending". Depuis l'explosion de la croissance chinoise, les P2P sont devenus de véritables appeaux à investisseurs, avec des rendements moyens autour de 13 %. Ces prêts se font de particulier à particulier, sans passer par une banque.

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Des hommes d'affaires peu scrupuleux ont également senti le coup, promettant monts et merveilles au premier millionnaire venu, qui y voit là l'occasion de faire fructifier son argent autrement qu'avec les taux dérisoires des banques d'État. Résultat : entre 2013 et 2015, le volume des prêts P2P est ainsi passé de 4,3 à... 71 milliards de dollars (de 3,9 milliards à 64 milliards d'euros). Avec certains crashs phénoménaux, comme Ezubo, une arnaque d'environ 7 milliards d'euros qui s'effondrait en février dernier, emportant dans sa chute 900 000 actionnaires majoritairement chinois.

Par Thibault Prévost, publié le 01/09/2016

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