Crédit: Jaelynn Castillo/Unsplash/CC

Bridage des iPhone : Apple s’excuse et offre une compensation à ses clients

Dernier épisode du feuilleton des processeurs bridés : Apple s’est excusée et va lancer un plan de remplacement des batteries en 2018.

(© Jaelynn Castillo/Unsplash/CC)

Ça y est, on s’approche doucement du finale dans l’affaire des iPhone bridés intentionnellement par Apple. Après avoir essuyé 8 plaintes aux États-Unis, une en Israël et une en France, pour "obsolescence programmée", le fabricant américain a fini par s’excuser très officiellement de ses pratiques opaques, dans un communiqué publié le 28 décembre sur son site officiel.

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"Nous sommes désolés", écrit la firme, qui plaide pour un "malentendu sur le sujet". "En premier lieu, nous n’avons jamais rien fait — et ne ferions jamais — quoi que ce soit pour réduire intentionnellement la durée de vie d’un produit Apple, ou pour dégrader l’expérience utilisateur afin de mieux vendre nos nouveaux produits", affirme-t-elle également pour répondre aux soupçons d’obsolescence programmée.

Pour rassurer ses clients, la marque à la pomme dispense ensuite un petit cours magistral sur le fonctionnement des batteries lithium-ion et leur dégradation naturelle et confirme l’implémentation du système de bridage du processeur il y a un an, sur iOS 10.2.1 pour iPhone 6, 6Plus, 6S, 6S Plus et SE, avant de l’étendre aux versions 7 et 7 Plus avec iOS 11.2, en décembre 2017. Voilà pour la partie que l’on savait déjà, finalement.

La nouveauté, explique The Verge, est que le fabricant décrit désormais les batteries comme des "composants consommables", sujets à usure et remplacement, ce qui n’était pas le cas jusqu’à maintenant. Une décennie plus tôt, lors de la sortie du premier iPhone, Apple expliquait fièrement que la batterie de son appareil révolutionnaire n’aurait jamais à être changée. En 2017, malheureusement, la batterie lithium-ion est comme tout le monde : elle vieillit. Il était temps qu’Apple l’admette.

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Apple, (encore) une communication foireuse

Dans le même communiqué, plus pédagogique que jamais, le constructeur répond aux accusations d’obsolescence programmée en réaffirmant que le bridage des processeurs liés aux batteries usagées est fait dans l’intérêt des utilisateurs, qu’il vise à prolonger la durée de vie des appareils et qu’il n’est qu’un changement parmi tout un catalogue de modifications opérées par le système d’exploitation lorsque la batterie devient trop vieille - l’éclairage de l’écran diminue, le volume maximum des enceintes est plus bas, et le flash de l’appareil photo peut même être désactivé pour économiser de la batterie, liste The Verge. Plutôt intelligent, au fond… dommage que le consentement de l’utilisateur n’ait jamais été pris en compte.

Conscient qu’elle doit désormais rebâtir une relation de confiance avec des millions d’utilisateurs légitimement en colère, la marque a terminé en annonçant un plan de remplacement des batteries dans ses Apple Store, de janvier à décembre 2018… au prix spécial de 29 dollars au lieu de 79 dollars (les prix en euros n’ont pas encore été spécifiés). Parallèlement, un nouvel outil sera implémenté en 2018, qui donnera aux utilisateurs "plus de visibilité sur la santé de leur batterie". À croire que la marque n’a pas réellement entendu les plaintes de ses clients, eux qui auraient préféré être informés de la mise à jour et surtout avoir simplement le choix d’installer ou non ce foutu brideur de performance, voire de le désinstaller aujourd’hui. Être réellement propriétaire de l’appareil acheté, en somme.

Vu l’ampleur qu’a prise cette histoire, de (très) nombreuses personnes pensent aujourd’hui qu’Apple a volontairement ralenti leur téléphone à 1 000 euros, sans se soucier des histoires de dégradation de batterie lithium-ion ou de pics de performance de processeur. Les faire payer une nouvelle fois pour remplacer la batterie ne suffira pas à les convaincre de réinvestir dans la marque, d’autant que la nécessité de la pratique du bridage a déjà été contestée par deux concurrents, HTC et Motorola, qui assurent ne pas avoir besoin de ralentir les processeurs de leurs téléphones alors que ceux-ci utilisent le même type de batterie. Avec ce mea culpa contraint et forcé et ces demi-mesures, Apple est en train de rater sa communication de crise, alors qu’il aurait suffi d’un peu de transparence et d’un véritable geste commercial pour calmer tout le monde… Au moins, avec ce nouvel épisode, le feuilleton des iPhone bridés touche médiatiquement à sa fin. Reste désormais à entamer la partie juridique.

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Par Thibault Prévost, publié le 29/12/2017

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