Bob Marley, visage de la première marque de cannabis internationale

La famille de Bob Marley s'associe à une société d'investissement et lance une marque de cannabis à l'effigie du chanteur jamaïcain.

Plus de trente ans après sa mort prématurée, le 11 mai 1981, Bob Marley est sur le point de devenir l'icône d'une marque de cannabis, Marley Natural. Décrite comme "une des meilleures marques de cannabis, ancrée dans la vie et l’héritage de Bob Marley", elle est le fruit d'une collaboration entre la famille de celui qui a popularisé le reggae dans le monde entier et la société d'investissement Privateer Holdings.

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"Il semble naturel que papa soit associé à ce produit"

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Marley Natural compte bien distribuer son produit dans tous les territoires légalisateurs (ou tolérants vis-à-vis) du cannabis tels que les Pays-Bas, l'Uruguay, Israël, le Canada et les quelques Etats américains à partir de 2015. La ganja qui exploite l'image de Bob Marley deviendra la toute première marque de cannabis à se commercialiser de manière internationale. Une première.

D'ailleurs, la famille de Bob Marley semble très satisfaite quant à cette initiative et sa portée. "Mon mari pensait que fumer de l'herbe était naturel et avait des effets positifs, il pensait que cela faisait partie de la vie et que c'était quelque chose d'important pour le monde. Il attendait ce jour", explique Rita Marley, son ancienne femme au magazine Fortune.

Si la famille a décidé de signer un partenariat d'exclusivité pour 30 ans avec cette société d'investissement de Seattle, c'est parce qu'elle "comprend et respecte l'héritage de notre père", justifie Rohan Marley, un de ses fils musiciens selon la NBC News"Il semble naturel que Papa soit associé à ce produit", ajoute Cedella Marley, fille aînée du chanteur âgée de 47 ans, selon le Guardian. Et de poursuivre :

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Il considérait l'herbe comme quelque chose de spirituel, capable d'éveiller notre bien-être, d'approfondir notre réflexion, d'être en contact avec la nature et de libérer notre créativité.

En effet, en fervent adepte du mouvement rastafari – dont la ganja représente une des clés d'accès à l'élévation spirituelle – avec un album intitulé Kaya, soit marijuana en jamaïcain, et de nombreuses allusions dans chacun de ses albums, qui mieux que lui aurait pu servir d'effigie au cannabis ?

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"Bob Marley soutient à 100% ce qui est en train de se passer"

Pourtant en devenant l'effigie d'un produit de consommation à grande portée, proprement emballé et distribué grâce à la même agence de pub que Starbucks Coffee ou New Balance, on peut se demander si l'auteur de "No Woman No Cry" aurait cautionné. À ce sujet, Rita Marley assure à NBC News que non seulement il aurait donné son accord, mais qu'en plus... il est au courant : "Bob Marley soutient à 100% ce qui est en train de se passer. Il est heureux car c'est ce dont il a rêvé", se référant au marché légal et régulé de la marijuana dans les Etats américains dans lesquels il est autorisé.

La famille Marley n'en est pas à son galop d'essai en ce qui concerne l'utilisation de l'image du patriarche à des fins commerciales. Entre des équipements audio et de nombreux goodies, tels que des feuilles à rouler ou des T-shirts "Smoke like a Marley", la "marque" Bob Marley est déjà une source très lucrative.

Selon le magazine Forbes, la star jamaïcaine a rapporté 18 millions de dollars en 2013, ce qui le positionne à la cinquième place des personnalités les plus rentables à titre posthume et ce, juste après Michael Jackson, Elvis Presley, Charles Schulz et Elizabeth Taylor. Il se positionne devant Marilyn Monroe et John Lennon.

La boisson Marley's Mellow Mood, un exemple que les dreadlocks du fumeur de marie-jeanne sont encore les plus célèbres du globe

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En 2016, Marley Natural devrait rapporter 2,5 milliards de dollars si on prend en compte les Etats qui sont en passe de légaliser le cannabis. À ce sujet, Kevin Sabet, une des voix principales anti-légalisation, a souhaité exprimer sa réticence à NBC News, sur l'air de : “La légalisation, ce n'est pas donner un peu de liberté à des millions de personnes. C'est permettre à quelques personnes de se faire des millions de dollars".

Pour sa défense, Brendan Kennedy, le directeur général de Privateer Holdings explique : "C'est à ça que la fin de la prohibition ressemble. Bob Marley a commencé à militer pour la légalisation il y a plus de 50 ans. Nous allons l'aider à poursuivre son action". Difficile néanmoins de fermer les yeux sur la quantité astronomique que devrait recevoir la société et qui parait si loin des messages d'amour et de paix véhiculés par le "pape du reggae"...

Par Anaïs Chatellier, publié le 19/11/2014

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