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Lors d'un blocus, un lycéen a été violemment frappé par des policiers

Publié le

par Astrid Van Laer

Jeudi 2 mars, lors du blocus du lycée Michel-Ange à Villeneuve-la-Garenne, la situation aurait fortement dégénéré entre civils et forces de l'ordre. Selon des informations de BuzzFeed, deux jeunes hommes auraient été très fortement violentés puis placés en garde à vue. Tous les professeurs présents ce jour-là dénoncent des comportements disproportionnés.

Ces dernières semaines, pour témoigner de leur soutien à Théo, victime présumée de viol lors de son interpellation le 2 février 2017, de nombreux lycéens manifestent contre les violences policières, bloquant régulièrement leurs établissements. Ce fut notamment le cas jeudi 2 mars dans plusieurs lycées de la capitale ou de banlieue parisienne. C'est à cette occasion que la situation a dégénéré au lycée Michel-Ange de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). BuzzFeed s'est procuré une vidéo filmée par un élève, sur laquelle on peut apercevoir un jeune homme encaisser de violents coups :

Après deux heures relativement calmes, la situation se serait d'un coup envenimée. Les œufs lancés sur les policiers par les lycéens auraient occasionné des répliques de gaz lacrymogène.

Le jeune homme que l'on voit à terre sur la vidéo filmée par un élève serait Dembo C., élève de seconde au lycée Michel-Ange. Il aurait été par la suite été arrêté et placé en garde à vue en compagnie d'un autre jeune homme, élève au lycée Charles-Petiet, également situé à Villeneuve-la-Garenne, Idriss S. Ils seraient tous deux actuellement poursuivis au motif de "violences contre personnes dépositaires de l’autorité publique" alors que de nombreux témoignages semblent pointer du doigt des comportements plus qu'excessifs et de graves débordements de la part des policiers chargés d'encadrer le blocus.

"Ils l'ont clairement passé à tabac"

Sarah Alami enseigne le français à Michel-Ange. Elle a témoigné auprès des journalistes de BuzzFeed :

"Une jeune fille, qui était pourtant en retrait, a été gazée près du visage à deux reprises. C’était très choquant. C’est là qu’avec des collègues nous sommes sortis pour voir si des élèves avaient besoin d’aide et pour tenter d’apaiser la situation. J’ai tenté de parler aux policiers, mais c’était impossible."

Son collègue professeur d'espagnol, Matias Garnier-Barrio, s'est lui aussi confié à BuzzFeed au sujet de la scène à laquelle il a assisté, impuissant : "Le détail glaçant, c’est que certains policiers en civil gazaient à tout-va les lycéens en se marrant." Il poursuit :

"Ils ont mis à terre Dembo alors qu’à ce moment-là il ne faisait rien, si ce n’est défier un peu du regard les policiers. Ils l’ont ensuite clairement passé à tabac alors qu’ils étaient pourtant nombreux. Il recevait des coups au visage, sur le dos pendant que je hurlais: 'Stop, arrêtez, c’est un de nos élèves.' Mais ils continuaient à le frapper."

Le communiqué des enseignants sur cette journée du 2 mars rapporte également qu'un "élève handicapé a été poussé et gazé" et tous, sans excuser le comportement de certains élèves, jugent la réplique des forces de l'ordre totalement disproportionnée.

La sénatrice des Hauts-de-Seine Brigitte Gonthier-Maurin (PCF) aurait écrit au préfet vendredi et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête mais on ne dispose actuellement d'aucune information sur ses conclusions.

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