À Béziers, l'affiche honteuse de Robert Ménard

Une affiche effrayante critique l'arrivée de migrants à Béziers.

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Jamais la presse n'a autant parlé de Béziers que depuis ce 4 avril 2014, jour fatidique de l'élection du nouveau maire, apparenté FN, Robert Ménard. Depuis, les scandales fusent à tout va et se répètent, laissant un amer goût de Jour sans fin.

Et ce mardi 11 octobre ne semble pas prendre une direction différente puisqu'une campagne d'affichage clamant "L'État nous les impose… Ça y est, ils arrivent. Les migrants dans notre centre-ville", avec un photomontage montrant des personnes de dos devant la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers, a commencé à faire son apparition un peu partout en ville.

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Difficile de faire plus anxiogène, et mensonger surtout. Comme l'explique le Huffington Post, cette affiche sera imprimée en 110 exemplaires et placardée un peu partout dans la ville. Dans un communiqué que l'on retrouve sur le site de la mairie, on apprend qu'un "nouveau Centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) ouvrirait très prochainement [...] en plein centre-ville". Le communiqué déclare ensuite :

"Alors que la municipalité travaille depuis plus de deux ans à la redynamisation du centre-ville, cette annonce sonne comme un coup de poignard dans le dos des Biterrois. En attendant l’ouverture d’un autre centre, cette fois réservé aux migrants de Calais ? La préfecture de l’Hérault n’a pas jugé utile d’avertir le maire. L’État a donc décidé, sans consulter quiconque, d’installer des migrants au foyer Étoile, l’ancien foyer des jeunes travailleurs, situé 2 avenue d’Estienne-d’Orves, à deux pas de la place Jean-Jaurès en pleine réfection !

Une fois de plus, les Biterrois sont sommés de payer le prix d’une politique qui consiste à ouvrir grand les portes de notre pays à une véritable immigration de peuplement.
Une fois de plus, les Biterrois se voient imposer des décisions dont ils ne veulent pas.
Mais une fois de plus, les Biterrois résisteront."

Des paroles, des paroles, des paroles

Sauf que, comme souvent avec Robert Ménard, les informations fournies sont en très grande partie biaisées. Il ne s'agira pas d'un nouveau CADA mais de l'agrandissement de celui de la Cimade, afin d'offrir 40 places supplémentaires. Quarante.

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Étrange que ce chiffre ne soit pas écrit dans le communiqué, tiens. Enfin bon, au total, le nombre de demandeurs d'asile passerait ainsi à 170. Pour rappel, Béziers compte 74 811 habitants : on est donc sur un rapport de 0,23 % de la population biterroise.

À lire -> Être français, c’est être “blanc” et “catholique” : Robert Ménard en roue libre sur LCI

En ce qui concerne le "coup de poignard de l'État" (comprendre de François Hollande et Manuel Valls), c'est bien plus compliqué que ça. La décision ne s'inscrit pas dans le cadre du démantèlement de la jungle de Calais. Le sous-préfet de l'Hérault, Christian Pouget, raconte dans cet article du Midi Libre que pour ce genre de projet, "l'État ouvre les places et le porteur de projet se charge de chercher un immeuble ou de l'habitat diffus". Comprendre que le gouvernement n'a rien à voir avec la localisation des centres d'accueil. Surtout que l'ancien foyer avait fermé il y a plus de trois ans et était à l'abandon jusqu'alors. Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre. Et si certains incorruptibles continuent de protéger le maire, d'autres sont scandalisés par cette campagne.

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Par Arthur Cios, publié le 11/10/2016

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