Batteries d’iPhone bridées : des plaintes ont été déposées contre Apple aux États-Unis

Après qu’Apple a reconnu ralentir délibérément les processeurs des vieux iPhone lors des mises à jour du système d’exploitation, huit plaintes ont été déposées en Californie.

(© Unsplash/CC)

Après les considérations techniques, l’affaire des iPhone bridés prend une tournure judiciaire. La semaine dernière, Apple admettait que les mises à jour d’iOS sur les iPhone 6, 6S et 7, sorties entre janvier et décembre 2017, comportaient un bridage des processeurs qui ralentit les performances des téléphones pour les protéger des décharges trop puissantes générées par les batteries vieillissantes.

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Un underclocking décidé sans prévenir les utilisateurs, révélé par des tests de la firme Primate Labs, qui a rapidement enragé les détenteurs de ces téléphones, alors que les forums spécialisés bruissaient depuis longtemps de rumeurs de bridage. Certains propriétaires d’iPhone ont désormais décidé de porter l’affaire en justice.

Dès le 22 décembre, révèle CNBC, deux Californiens, Stefan Bogdanovich et Dakota Speas, ont déposé un recours collectif (class action) contre le fabricant à la pomme, au motif qu’Apple n’a jamais demandé le consentement de ses clients pour "ralentir leurs téléphones". Pour les deux plaignants détenteurs d’iPhone 7, la décision unilatérale du fabricant, qui s’apparente à une stratégie d’obsolescence programmée, a eu "des conséquences économiques qui méritent une compensation". Du sonnant et du trébuchant, en somme.

Et l’attrait d’un arrangement financier à l’amiable, si courant dans le système judiciaire américain, a attiré d’autres consommateurs mécontents : depuis l’annonce du bridage des processeurs, le 18 décembre, ce sont désormais huit plaintes qui visent le fabricant d’iPhone, à New York, dans l’Illinois et jusqu’en Israël, rapporte le quotidien Haaretz. Point commun des plaintes déposées aux États-Unis : elles prennent toutes la forme d’une class action, pour représenter potentiellement des millions d’utilisateurs, qui pourraient se voir verser des dommages et intérêts. Certaines plaintes visent quant à elles à interdire le bridage à distance par Apple ou, du moins, l’obligation du constructeur à en informer ses utilisateurs.

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999 milliards de dollars de compensation

Selon le texte de l’une des plaintes, consulté par Fortune, "plutôt que de régler le défaut des batteries vieillissantes en offrant un remplacement gratuit pour tous les iPhone concernés, Apple a voulu masquer" ses erreurs, ce qui lui vaut désormais d’être attaqué en justice. Et pas n’importe comment, par ailleurs : selon Patently Apple, l’une des plaintes, déposée par Violetta Mailyan, réclame à la marque 999 milliards de dollars. En comparaison, la seconde class action new-yorkaise, qui ne réclame qu’une maigre centaine de millions de dollars de dommage et intérêts, semble presque sensée.

Et si Apple est l'entreprise par excellente pour alimenter les soupçons d' obsolescence programmée, surtout quand on sait que l’entreprise estime très sérieusement la durée de vie de ses téléphones à "trois ans", un léger obstacle se dresse à toute condamnation : le délit d’obsolescence programmée n’existe pas dans la loi américaine, écrit Reuters.

En France, en revanche, il est inscrit dans le Code de la consommation depuis la loi sur la transition énergétique de 2015. L’association Halte à l’obsolescence programmée tente depuis le 20 septembre dernier de créer une jurisprudence en la matière, en attaquant des fabricants d’imprimantes. À la lumière des derniers événements, Apple et son bridage intentionnel pourraient bien se retrouver au tribunal à son tour. Pas sûr, en revanche, qu'elle soit reconnue coupable de quoi que ce soit.

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Par Thibault Prévost, publié le 27/12/2017

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