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Vidéo : rescapé du Bataclan, il raconte l'après sur YouTube

Publié le

par Théo Chapuis

Près de trois mois après le massacre du Bataclan, Amaury Baudoin raconte les étapes de la reconstruction à travers une vidéo de vœux adressés à la France pour 2016.

Il s'appelle Amaury Baudoin. Le 13 novembre 2015, comme 1 500 autres personnes, il profitait du concert d'Eagles of Death Metal au Bataclan avant que les terroristes ne viennent semer la mort dans la salle de concert parisienne. Près de trois mois plus tard, le jeune homme publie une vidéo réalisée par ses soins dans laquelle il raconte ce qu'il a vécu d'abord pendant l'horreur de l'attaque, mais surtout après, lorsqu'il lui a fallu se reconstruire. Et se reconstruire, ça prend temps.

Sur fond d'images du concert au Bataclan tournées au smartphone, de la statue de la République endeuillée ou encore de musiciens de rue, il dénonce les vagues successives de médias souhaitant à tout prix l'interroger lui et sa copine, "qui cherchaient à filmer l'horreur immédiate de nos larmes et du sang sur nos vêtements", les traitant de "charognards". Toutefois, d'après lui, "les témoignages sont bien plus humains et informatifs que les images de mort" et il dit avoir accepté de raconter son histoire à certains médias.

Amaury Baudouin explique avoir eu besoin de se rendre loin de Paris, en Afrique. Autre étape de la guérison : les rencontres, d'abord avec un vétéran de la Seconde Guerre mondiale lors d'un séjour à l'hôpital, puis avec un chauffeur de taxi musulman qui avait failli se rendre au même concert. Amaury veut rester un optimiste, même si parfois, son propos prend un détour plus sombre sur l'état de notre société contemporaine :

"Aujourd'hui, je suis de ceux qui disent qu'ils n'ont pas peur mais qui ont du mal à reprendre les transports en commun. Mais ce qui me fait vraiment peur, c'est de voir cet événement instrumentalisé pour faire reculer nos libertés sous prétexte de sécurité. Ce qui me fait peur, c'est quand je vois mon pays voter en masse pour le parti de la haine et tomber dans le piège tendu par ces terroristes."

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