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Le projet initial du barrage de Sivens définitivement enterré

Publié le

par Ariane Nicolas

Les préfectures du Tarn et du Tarn-et-Garonne ont signé le document qui enterre le projet. Une retenue d'eau, plus petite, reste quand même d'actualité.

"Zone à défendre" près du projet du barrage de Sivens, février 2015. (Metronews Toulouse / CC / Flickr)

Il n'y aura pas de barrage à Sivens, du moins pas sous la forme contre laquelle des milliers d'habitants et militants écologistes se sont érigés. L'arrêté interdépartemental portant déclaration d'intérêt général a été abrogé par les préfets du Tarn et Tarn-et-Garonne, jeudi 24 décembre. En d'autres termes, l'Etat enterre définitivement le projet.

Ce barrage avait suscité une vive controverse, dès l'an dernier. De nombreuses manifestations avaient eu lieu, avec des heurts au cours desquels un militant écologiste, Rémi Fraisse, avait trouvé la mort, tué par la grenade offensive d'un gendarme le 26 octobre 2014.

Sur Twitter, le sénateur LR François Bonhomme a commenté avec véhémence cette décision, accusant le gouvernement d'avoir fait passer le projet en douce, pendant la période des fêtes.

La sénatrice PS Valérie Rabault lui a alors répondu, précisant sur son blog que cette abrogation était la suite logique des choses, depuis notamment que la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a déclaré, en janvier dernier, que le projet était abandonné sous sa forme initiale.

Un nouveau barrage plus petit

A l'origine, rappelle La Dépêche du Midi, le barrage de Sivens devait avoir une capacité de 1,5 million de mètres cubes d'eau, s'étaler sur 1,5 km de longueur et 230 m de largeur, pour une profondeur maximale de 4 m. Il devait occuper au total une surface de 48 ha et avoir un mur d'une hauteur de 12,8 m. Démesuré, pour les opposants, et désormais pour l'Etat également.

Le projet d'une retenue d'eau reste quand même d'actualité. Cette construction devrait être implantée en amont, et être de plus petite taille que le premier projet. "L'Etat va maintenant prendre les choses en mains pour conduire le projet de territoire de la vallée du Tescou et mener les discussions avec les différents partenaires, selon Thierry Carcenac, président du Conseil départemental du Tarn. Une personne ad hoc sera désignée dans le courant du premier trimestre 2016."

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