Barack Obama, Le Caire

Barack Obama ne veut pas des thérapies "ex-gay"

Barack Obama a répondu à la pétition concernant l'interdiction des thérapies "ex-gay". Le président des États-Unis s'est positionné contre ces pratiques.

En décembre dernier, on apprenait la mort de Leelah Alcorn, jeune américaine transgenre de 17 ans. C'est après le rejet total de son entourage, qui l'a forcée à suivre une thérapie visant à soigner sa transexualité, que la jeune femme s'est suicidée suscitant l'indignation du monde entier. Dans le message accompagnant son décès, Leelah confirme que la cause de son suicide n'est autre que l'intolérance de ses proches et l'impossibilité pour elle de vivre la vie de femme à laquelle elle aspirait.

Sa mort réveille le débat concernant les thérapies de conversion. Une loi est actuellement demandée par voie de pétition afin de mettre un terme à la pratique de ces thérapies sur les mineurs aux États-Unis. Souvent pratiquée dans les communautés de croyants, ces dernières visent à diriger les jeunes LGBT vers un chemin hétéronormé et cisgenre.

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Barack Obama, président des États-Unis, a pris position sur le sujet à travers un communiqué sur le site de la Maison Blanche. S'il ne milite pas pour une interdiction fédérale, le président décide cependant de soutenir les interdictions qui pourraient être appliquées au niveau des États fédérés.

Une thérapie encore pratiquée

Ces soins n'ont bien souvent aucun rapport avec des soins médicaux classiques et tendent à s'approcher d'une forme de torture particulièrement douloureuse, physiquement comme mentalement. Les méthodes sont diverses, entre pression morale et atteintes physiques, les limites du traitement semblent être bien floues. Pourtant, bon nombre d'institutions qui les pratiquent ne semblent pas inquiétées.

C'est le cas notamment d'Exodus, l'un des plus grandes d'entres elles, qui a œuvré 37 ans durant dans le business de la conversion à l'hétérosexualité avant de fermer ses portes. Le président présente cependant ses excuses à la communauté LGBT en 2013, avouant son attirance irrépressible pour les hommes et prouvant ainsi la non-efficacité des discours culpabilisants qu'il a tenu à des milliers de personnes non-hétérosexuelles pendant des années.

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Les Américains ont néanmoins commencé à s'attaquer au problème en lançant une pétition afin d'interdire ces pratiques sur les mineurs dans les 48 États fédérés où elles sont encore légales. Laci Green, youtubeuse et activiste féministe dont les vidéos ont fait le tour du monde, s'engage dans une vidéo destinée à sensibiliser la population à cette cause.

Des méthodes barbares

Dans sa vidéo, elle met en avant les méthodes de ces organisations afin d'en dénoncer les conséquences désastreuses sur le développement de la jeunesse LGBT. Les participants au programme se voient attribuer une identité qui n'est pas la leur, chargée de clichés sexistes et conservateurs. Le but final ? Sortir de la thérapie au bras du sexe opposé tout en ayant accepté son sexe biologique. Pour arriver à leurs fins, les gourous de l'hétérosexualité misent beaucoup sur la religion et la conversion de ceux qui sont soi-disant promis à l'enfer. Certains vont même jusqu'à l'exorcisme, parlant de "démon homosexuel".

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Au-delà de l'aspect religieux, c'est toute la psychologie de ceux qui sont soumis à ces thérapies qui est attaquée. Les "patients" sont isolés afin d'être confrontés à leur condition, parfois pendant plusieurs mois comme en témoigne une ancienne de ces centres de conversion à l'auteur Tomas Mournian dans le documentaire Hiding-Out. Mais Laci Green souligne l'absence de limites de ces thérapies en mettant en lumière les actes de barbaries exercés sur les populations confiées à ces centres avec la méthode de l'aversion.

Samuel Brinton, fils de missionnaire baptiste américain, témoigne dans une vidéo reprise par le Daily Mail. Dans cette vidéo, il affirme avoir subi la méthode par aversion à l'âge de 12 ans afin de l'éloigner de son homosexualité. Cette méthode, très répandue durant les siècles derniers consiste à associer une pensée à de la douleur. Samuel aurait donc été confronté à des photographies explicites d'hommes alors que des aiguilles étaient plantées sous ses ongles. Devant ces mêmes photos, il aurait aussi été brûlé ou électrocuté dans le but d'associer le corps masculin à ces souvenirs douloureux.

Des conséquences dramatiques

Cependant, bien loin de la "guérison" promise, ces méthodes n'ont pour effet que d'aggraver les pensées morbides, le dégoût et l'absence de confiance en soi de ceux qui y sont soumis.

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Les thérapies de conversion, qu'elles soient accompagnée de violence physique ou non, ont des effets destructeurs sur le développement des patients. Sans aucune valeur médicale, ces actes sont pratiqués dans la plus grande inconscience par un personnel uniquement guidé par ses croyances. Le phénomène demeure pourtant mondial.

Malgré une plus grande discrétion qu'aux États-Unis, les pays européens ne sont pas non plus épargnés. Un stage visant à guérir l'homosexualité a ainsi débarqué en France en 2012 malgré la résolution de 1997 signée par des professionnels considérant que l'homosexualité ne pouvait être traitée. Cette intervention des "ex-gaysprotestants évangéliques s'est certes heurtée à un échec en France, mais 3 structures de ce type seraient cependant encore actives en France. 

Aux États-Unis, ce qu'on appelle déjà la Leelah's Law semble avoir bon nombre de partisans. La première pétition en sa faveur lancée sur le site Change.org a recueilli plus de 300 000 signatures. Ensuite, c'est sur le site gouvernemental que la pétition a du être signée afin d'acquérir une portée politique et législative. Mission réussie puisque Barack Obama s'est positionné contre les "thérapies" du genre.

Par Aline Cantos, publié le 09/04/2015

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