US President Barack Obama speaks during a campaign event at the Apollo Theatre in New York on 19 January 2012.

Pour Barack Obama, "le cannabis n’est pas plus dangereux que l’alcool"

Dans plusieurs années, on se souviendra d'une certaine édition de janvier 2013 du New Yorker. Au cours d'un long portrait qui lui était consacré, Barack Obama a affirmé :

J'ai fumé de l'herbe quand j'étais jeune, et je considérais cela comme une mauvaise habitude et un vice, pas très différent des cigarettes que je fumais [...]. Je ne crois pas que [le cannabis] soit plus dangereux que l’alcool.

Cette dernière phrase est placée au beau milieu d'un papier de près de 100 000 signes et de 15 000 mots. David Remnick, le journaliste qui l'interview, s'y prend à deux fois avant que le président américain ne poursuive sur sa lancée. Il s'autorise une relance, lui demandant simplement : "Est-ce que c'est [le cannabis, ndlr] moins dangereux ?".

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Barack Obama, comme le souligne David Remnick, se met alors au fond de son fauteuil, prenant soin de choisir chacun de ses mots :

Oui, l’herbe est moins dangereuse que l’alcool "en terme d’impact sur le consommateur". Ce n'est pas quelque chose que j'encourage, et j'ai bien dit à mes filles qu'il s'agissait d'une mauvaise idée, d'une perte de temps, et pas une bonne chose pour la santé.

Une prise de position alors que l'actu sent l'herbe

Cette affirmation s'inscrit dans une actualité qui sent fort la marijuana en ce moment aux États-Unis. Le Colorado est devenu officiellement le premier État des États-Unis à légaliser le cannabis, le 1er janvier 2014. Pour en consommer, il faut avoir plus de 21 ans et il est formellement interdit d’en faire usage sur la voie publique.

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Et c'est un ancien vétéran du nom de Sean Azzariti qui est devenu la première personne à en avoir acheté sur le sol des États-Unis d’Amérique. Le Colorado, aux côtés de l'État de Washington, autorise ainsi à ce que des coffee shops vendent légalement jusqu'à 28 grammes par client.

Comme le précise Rue89, Barack Obama n'est pas heureux de voir de jeunes fumeurs de cannabis être incarcérés, insistant sur le caractère discriminant des arrestations :

Les gamins de la classe moyenne ne vont pas en prison pour avoir fumé de l’herbe mais les pauvres oui. Et les gamins noirs ou latinos ont plus de risques d’être pauvres et moins de chances d’avoir les ressources et le soutien nécessaires pour éviter des peines excessivement sévères. Nous ne devrions pas condamner des consommateurs, jeunes ou non, à de longues peines de prison quand certains de ceux qui ont écrit ces lois ont probablement fait la même chose.

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Dans la suite de l'entretien, il s'accorde à dire que la légalisation n'est pas forcément un "remède" mais parle quand même de "défi" en évoquant les expériences dans le Colorado et dans l'État de Washington.

Par Louis Lepron, publié le 20/01/2014

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