Awkward, l'application qui recueille tous vos secrets les plus honteux

L'application Awkward vous permet de vous confesser en vidéo, visage flouté, et de partager vos moments les plus embarrassants avec le monde entier.

awkward

On drague sur Tinder, on discute via Snapchat, on s'envoie des photos grâce à Instagram... on peut virtuellement tout faire sur smartphone. Mais une appli sociale manquait jusque-là : celle qui permettrait de raconter ses moments les plus inavouables. On ignore si vous l'attendiez vraiment, mais c'est maintenant chose faite : bienvenue sur Awkward ("embarrassant"), l'application qui recueille la lie de vos souvenirs.

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Comment ça marche ? Simple comme bonjour : on télécharge l'application sur l'App Store (elle est uniquement disponible sur iPhone) et on se confesse face caméra. L'image est floutée façon "témoignage-anonyme-à-la-télé", afin de conserver l'anonymat de l'utilisateur. On peut régler le niveau de flou et la confession est limitée à 10 secondes – pour empêcher des épanchements vraiment embarrassants ? Enfin, il est bien sûr possible de visionner les confessions des autres et de voter pour une vidéo. Il y a des jours comme ça, où on en vient à se demander s'il existe une application qui n'existe pas.

Et si ça tourne mal ?

Le concept de Awkward est amusant et accessible, mais le Daily Dot émet tout de même une réserve, faisant référence aux très nombreux cas de cyber-harcèlement ayant lieu sur les réseaux sociaux, avec parfois des conséquences dramatiques. On se souvient notamment, en France, du suicide fin 2013 de la jeune Marion.

L'application pourrait ainsi potentiellement accueillir les confessions les plus sordides et sérieuses. Le site d'informations suggère d'introduire aux applications sociales un soupçon d'assistance à la personne :

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Bien sûr, Awkward ne permet pas de commenter pour l'instant — seulement des votes positifs. Mais dès qu'un réseau social devient sérieux, la fonction apparaît en grande pompe. Que se passera-t-il lorsque quelqu'un confessera qu'il pense au suicide ? Ou avouera un crime ?

Imaginez que Trevor Project ou un autre organisme de prévention contre le suicide puisse enregistrer une fraction des fonds que les application sociales à la mode génèrent à chaque fois. Intégrer une couche de données sur la santé mentale à Awkward et consorts pourrait littéralement être une question de vie ou de mort.

Sages paroles que celles-ci. Espérons que vos confessions intimes sur Awkward se limiteront à ce vase hors de prix que vous avez brisé chez votre grand-mère, en 1999 à Noirmoutier.

Par François Oulac, publié le 17/07/2014

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