Des drones chargés de pilules abortives vont atterrir en Pologne ce 27 juin (Source : Commons Wikimedia)

Des pilules abortives envoyées par drones en Pologne

Alors que l'avortement reste encore soumis à des restrictions drastiques en Pologne, une association hollandaise a décidé de transmettre des pilules abortives par voie aérienne.

Des drones chargés de pilules abortives vont atterrir en Pologne ce 27 juin (Source : Commons Wikimedia)

Des drones chargés de pilules abortives vont atterrir en Pologne ce 27 juin (Source : Commons Wikimedia)

Women on Waves permet depuis des années à des femmes d'échapper à l'interdiction d'avorter de leur pays. En les emmenant à l'internationale, l'association contourne les lois afin de permettre la pratique de cet acte médical encore tabou, même au sein de l'union européenne. Le 27 juin prochain, c'est grâce à des drones que la structure va agir.

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Les appareils volants légers devraient transporter des pilules abortives jusqu'à une ville polonaise frontalière afin de donner aux polonaises l'occasion de mettre un terme à leur grossesse non désirée. Un acte que le pays réprime encore fortement puisque ceux qui aident les femmes enceintes à mener à bien leur avortement sont passibles de sanctions.

Une intransigeance qui a donné lieu à de nombreuses situations à risques, puisque les cliniques clandestines se multiplient dans le pays, au péril des conditions sanitaires exigibles dans la pratique de tels actes. De même, le marché noir des pilules abortives n'a de cesse d'être alimenté depuis le rétablissement de la loi de 1993 ne permettant l'avortement qu'en cas de danger pour la mère, de malformation grave du fœtus, ou de grossesse résultant d'un acte illégal.

Des avortements clandestins pour pallier l'interdiction

Afin de limiter tout risque, l'association Women on Waves, en collaboration avec l'organisation berlinoise Ciosia Basia, transmettra des kits d'avortement approuvés par l'Organisation Mondiale de la Santé. Les médicaments, partant de Francfort, en Allemagne, pour arriver à Slubice, en Pologne, seront recueillis par des groupes d'activistes qui se chargeront de les transmettre aux femmes qui en expriment le besoin.

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Une opération illégale qui apparaît cependant nécessaire puisque l'avortement clandestin — et les risques qu'il comporte — reste encore largement plus pratiqué que l'avortement légal dans le pays. Quand les autorisations d'avortement n'excèdent pas quelques centaines par an, les interruptions de grossesse clandestines concerneraient selon l'association Federa plus de 100 000 femmes chaque année.

La Pologne n'est cependant pas le seul pays de l'Union Européenne dans lequel l'avortement suscite encore un débat très houleux. L'Irlande, de tradition catholique aussi, est encore au centre de l'attention internationale. Et pour cause, le pays n'a de cesse de défrayer la chronique à cause de son opposition ferme à l'acte médical. Si la loi a été modifiée en 2013, autorisant cette pratique en cas de danger pour la mère, elle reste encore très précaire. L'inceste, le viol ou la maladie n'ouvrent pas encore le droit à l'avortement. Ainsi, en août dernier, une femme a encore été forcée à accoucher d'un enfant résultant d'un viol.

L'action de Women on Waves, bien que dévoilée quelques temps avant sa mise en exécution, reste encore très secrète. Pour des raisons évidentes, l'association refuse de communiquer sur le lieu exact d'atterrissage de l'appareil avant vendredi soir.

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Par Aline Cantos, publié le 23/06/2015

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