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En Australie, le blanchissement de la barrière de corail n’en finit pas de s’aggraver

Publié le

par Jeanne Pouget

Au récif d’Agincourt de Port Douglas, le corail mort ressemble à un cimetière pour poissons (©Robert Linsdell/Flickr)

Les scientifiques revoient encore à la hausse le blanchissement de la Grande Barrière de corail située à l’est du Queensland en Australie et inscrite en 1981 au patrimoine mondial de l’Unesco. 

Au récif d’Agincourt de Port Douglas, le corail mort ressemble à un cimetière pour poissons. (©Robert Linsdell/Flickr)

"La Grande Barrière de corail se décolore", "Le blanchissement de la Grande Barrière de corail s’aggrave", "La Grande Barrière de corail ne se remettra pas du réchauffement climatique" : mois après mois, le diagnostic du plus grand récif corallien du monde - 344 400 kilomètres carrés - se fait toujours plus alarmant. 

En avril dernier, après deux épisodes de blanchissement à 12 mois d’intervalle, les scientifiques australiens avertissaient que les coraux de la Grande Barrière n’avaient aucune chance de s’en remettre. En cause, la hausse des températures de l’eau en mars et avril, induite par le réchauffement climatique, qui a généré le pire épisode de blanchissement de coraux jamais connu par le récif. Sauf que depuis avril, les scientifiques revoient la destruction des coraux encore à la hausse par rapport à leurs précédentes estimations. 

29 % des coraux détruits en 2016 au lieu de 22 %

Les premières estimations aériennes et sous-marines avaient laissé penser que 22 % des coraux avaient été détruits en 2016, une estimation revue à 29 %. Et la situation risque de s’aggraver avec l’épisode de blanchissement en cours : 

"La quantité de coraux qui ont péri lors du blanchissement de 2016 est en hausse par rapport à notre estimation initiale et, actuellement, bien que les rapports soient en cours de finalisation, nous nous attendons à voir un recul supplémentaire de la couverture corallienne à la fin 2017", a réagi Russell Reichelt, président de l’Autorité gouvernementale de conservation de la Grande barrière à l’AFP. 

Le blanchissement des coraux est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration provoquée par la hausse de la température de l’eau. Les coraux mettent dix ans à se régénérer à condition que l’eau refroidisse, ce qui n’a aucune chance d’être le cas au regard des prévisions climatiques faites sur les prochaines décennies.

Pour rappel, la Grande Barrière de corail est née il y a 18 millions d’années et elle abrite 400 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons et 4 000 espèces de mollusques. C’est la seule structure vivante visible depuis l’espace. Dans la zone la plus touchée du récif située à Port Douglas, 70 % des coraux des eaux de surface ont péri et les autorités locales craignent des répercussions sur l’économie du tourisme. Tourisme de masse qui, par ailleurs, comporte son lot de responsabilités quant à la dégradation de cette structure à la biodiversité fragile.

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