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Au Togo, le gouvernement coupe Internet pour freiner la contestation

Publié le

par Olanrewaju Eweniyi

L’opposition proteste contre le projet de modification constitutionnelle du président Faure Gnassingbé.

Alors que l’opposition a appelé à manifester mercredi 6 septembre contre le projet de modification de la Constitution du président Faure Gnassingbé, soupçonné de vouloir s’accrocher au pouvoir, le gouvernement semble tout faire pour restreindre ou couper l’accès à Internet, rapporte Mashable. Rappelons, à titre d’information, que la famille du président Gnassingbé dirige le Togo depuis cinquante ans. Il y a trois semaines, des manifestations ont eu lieu dans le pays à l’appel du parti d’opposition, le Parti national panafricain (PNP) qui demande le retour à la Constitution de 1992 qui limitait notamment à deux le nombre de mandats présidentiels et garantissait le multipartisme. Ce qu’on appelle, pour le dire simplement, la démocratie. Les termes de la constitution avaient été modifiés par le père du président actuel, Eyadéma Gnassingbé, afin qu’il puisse se présenter pour un troisième mandat, en 2002, soit trois ans avant sa mort.

La coupure d’Internet a été confirmée par Koffi Inoussa Ayibo, président de la branche togolaise de l’ONG Internet sans frontières qui, après une série de tests, a déclaré avoir constaté que la connexion avait été coupée sur WhatsApp, Facebook et, plus récemment, sur tous les services d’Internet mobile.

L’année dernière, 11 pays africains ont recouru à cette méthode pour couper court à la contestation ou se protéger d’un climat politique enflammé avant des élections, parmi lesquels le Gabon, la Gambie, l’Éthiopie et la République démocratique du Congo. Cette année, c’est le Cameroun qui a coupé l’accès à Internet de la partie anglophone du pays pendant 93 jours malgré de nombreuses critiques émises par la communauté internationale. Les anglophones s’étaient en effet plaints de leur marginalisation par le gouvernement francophone.

Sur Twitter, les activistes togolais expliquent qu’ils vont aller à la frontière ghanéenne pour profiter de l’Internet mobile de ce pays et continuer à mener la fronde. La manifestation du mercredi 6 septembre a rassemblé "au moins 100 000 personnes" dans les rues de Lomé, la capitale du Togo, selon la branche locale d’Amnesty International.

Un article de Konbini Nigeria, traduit de l’anglais par Dario

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