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Au Sénat, le clivage droite-gauche a encore de beaux jours devant lui

Publié le

par Clothilde Bru

La droite reste majoritaire au sortir des élections sénatoriales du dimanche 24 septembre, tandis que La République en marche subit sa première défaite.

Rien de bien nouveau sous le soleil du Sénat. Le résultat des élections de dimanche s’est révélé sans grande incidence sur la composition de l’hémicycle. Si les dernières élections présidentielles et législatives avaient fait voler en éclats le clivage droite-gauche, au Sénat la tendance est toujours au bipartisme.

Dimanche 24 septembre, 76 359 grands électeurs ont voté pour élire 171 sénateurs ; l’équivalent de la moitié des sièges que compte la chambre haute du Parlement. Sans grande surprise, c’est la droite qui sort grande gagnante du scrutin. Déjà majoritaires au Sénat, Les Républicains ressortent même renforcés avec 17 sénateurs supplémentaires. Une victoire, dont s’est félicité Gérard Larcher, président LR du Sénat, réélu dans les Yvelines.

"Les grands électeurs ont aujourd’hui conforté la majorité sénatoriale […]. Ils ont clairement affiché leur volonté de voir exister un contre-pouvoir parlementaire indispensable à mes yeux au fonctionnement équilibré de la démocratie", a-t-il déclaré lors d’une brève allocution au Palais du Luxembourg.

Premier revers électoral pour La République en marche

Ce qui nous amène au grand perdant du scrutin : le parti présidentiel, qui n’effectue pas la percée espérée et perd même un siège dans la chambre haute. Bien loin de ses scores épatants des élections législatives, La République en marche subit, non sans amertume, son premier revers électoral.

"Si les grands électeurs n’ont pas encore acté le dépassement des clivages que les Français ont déjà opéré dans les urnes à l’occasion des élections présidentielles et législatives, nous allons travailler à construire des majorités d’idées en rassemblant le plus possible de sénateurs autour des réformes que nous portons pour transformer notre pays", pouvait-on lire quelques heures plus tard sur le site du parti.

Pour le reste, les socialistes limitent les dégâts et reviennent au Sénat avec 81 députés (-5). Avec 12 élus, le parti communiste perd 6 sièges mais conserve son groupe parlementaire. Enfin les écologistes ne sont plus que quatre à siéger dans le Palais du Luxembourg, tandis que le Front national ne gagne pas de sièges supplémentaires et devra se contenter de ses deux représentants.

Pour l’heure la nouvelle assemblée n’a pas grand-chose à envier à l’ancienne tant sa composition est calquée sur celle du Sénat sortant. Mais cette répartition pourrait évoluer. Les sénateurs ont jusqu’au 2 octobre pour choisir définitivement leur groupe. À droite des députés LR pourraient se rassembler pour constituer un groupe de "Constructifs" tandis qu’à gauche une scission du groupe socialiste est possible entre les pro-Macron et ceux qui refusent tout alignement. Ces potentiels ralliements peuvent se révéler cruciaux pour Emmanuel Macron qui ne peut espérer faire voter son projet de réforme constitutionnel sans une majorité des 3/5e au Parlement réuni en Congrès.

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