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Au Royaume-Uni, les jeunes de plus en plus adeptes de la "saoulerexie"

Publié le

par Louis Lepron

Cardiff, the capital of Wales is well known across the UK for its vibrant nightlife. St Mary street, one of the main streets of central Cardiff, is also one of the main city’s hubs of clubs and pubs. The street is closed for cars on Saturday nights and becomes the main scene of fuelled by alcohol city’s night life. Everything takes place in public – from drinking, fighting, kissing to crying and sleeping.
Caroline street, a small lane off St Mary street is a street lined with several fish and chips shops. These takeaway shops are very popular with weekend revellers. The street is nicknamed the Chippy Lane.

Manger moins pour boire plus, tel est l'adage de la "saoulerexie".

Une certaine idée d'une sortie de boîte à Cardiff. (© Maciej Dakowicz)

C'est la dernière étude qui mélange, dans les tags des articles qui la présentent, "jeunes", "alcool" et "Royaume-Uni". En cause ? Un récent rapport sur la santé nationale daté de 2015 et confectionné par le groupe britannique d'assurances Benenden, relayé par Euractiv. Qu'est-ce qu'on y apprend ? Qu'au pays des pubs et des clubs, 35 % des femmes et 43 % des hommes dans la tranche d'âge des 18-24 ans procèdent à ce qu'on appelle désormais la "saoulerexie".

Derrière ce néologisme très moche, une pratique visant à limiter sa consommation d'aliments — donc à sauter des repas — afin de faire de la place aux boissons alcoolisées. Moins d'apports caloriques pour plus de bière dans le bide, en somme. Selon le rapport, le nombre d'hommes concernés est en contante augmentation.

Contactés par Euractiv, les auteurs de l'étude soulignent trois facteurs importants pouvant expliquer objectivement la pratique de la "saoulerexie" :

"Les pressions pour maigrir, une conscience aiguë de la surveillance de l’apport calorique, et l’effet de groupe les incitant à boire de grandes quantités d’alcool sont autant de facteurs influençant ce phénomène."

Une vision inquiétante de l'alimentation

Aussi, ce qui semble être le plus dangereux, selon le rapport, c'est la vision qu'ont les jeunes de leur alimentation au quotidien :

"Dans l’énorme majorité des cas, les résultats indiquent que les [membres de la société] sont en déni sur leurs connaissances en termes d’alimentation saine. Ils assurent être presque des spécialistes, mais quand on passe aux exemples pratiques, la grande majorité des participants a été incapable de répondre à des questions simples ou de choisir l’option la plus saine quand on leur présente des aliments et des boissons."

Et John Giles, docteur et directeur médical de Benenden, de préciser :

"Malgré les nombreux millions de livres dépensés par la NHS [National Health Service, système de la santé publique du Royaume-Uni., ndlr] et les organisations de santé publique, il semble que le public manque encore d’une compréhension de base de l’alimentation et du bien-être. Ainsi, si la consommation d’alcool a baissé, beaucoup de jeunes semblent préférer la consommation d'alcool à un régime alimentaire sain et équilibré."

Paradoxalement, Euractiv note une diminution constante de la consommation d'alcool chez les jeunes depuis 2003, s'appuyant sur une étude récemment menée au Royaume-Uni par le Centre d’information social et sanitaire.

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