"Bruxelles n'est plus qu'une sirène" : l'édito poignant du quotidien Le Soir sur les attentats

Le quotidien belge Le Soir publie un édito, à la mi-journée, qui met des mots justes sur l'horreur que vit Bruxelles après les attentats. 

La capitale belge plongée dans la terreur. Près de deux ans après l'attentat meurtrier au Musée juif de Belgique, Bruxelles a été de nouveau la cible d'attaques terroristes, mardi 22 mars 2016. Le bilan, toujours provisoire, est très lourd : au moins 34 morts et une centaine de blessés. Comme Paris après les attentats du 13 Novembre, la ville est sonnée par l'ampleur de la tragédie.

Les témoins des attaques à l'aéroport et dans le métro décrivent des scènes d'horreur. La menace reste à son niveau maximal : la population est invitée à rester chez elle, les transports en commun ne circulent plus, pas plus que les communications à l'international. Toute la ville vit au ralenti.

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"Putain d'époque"

Le quotidien belge Le Soir a publié, à la mi-journée, un édito poignant pour mettre des mots sur cette situation insupportable. Écrit par l'éditorialiste en chef Béatrice Delvaux, ce texte intitulé "Bruxelles n’est plus qu’une sirène" évoque l'hébétude des habitants, l'impuissance face à la menace, le besoin de révolte et la nécessité de la résilience.

Un édito à la fois sobre et empli d'émotion, qui serre la gorge à la lecture.

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"Les gens s’arrêtent, regardent, hébétés : ils ont les yeux vides. Ils savent que tout cela est vrai, ils savent aussi qu’ils savaient : cela allait, cela devait arriver. C’est la tristesse surtout qui est infinie, elle suinte des pavés, elle dégouline des trottoirs. [...]

11 h 24, les sirènes redoublent, tout siffle : explosion rue de la Loi. 'Explosion rue de la Loi ??', texte un fils à sa mère. Suivi de 'Reste bien à l’intérieur'. Rentrer chez soi, vite, se calfeutrer, c’est ce qui devient l’urgence. [...]

Ces voitures hurlantes sont les seules à foncer dans les tunnels vides, et cette circulation fantôme fait froid dans le dos, on ne sait pas pourquoi. C’est juste qu’on sait que ce n’est pas normal. Et aujourd’hui, la ville n’est pas normale, parce que la vie s’est arrêtée.

La France vient de mobiliser 1 600 policiers et gendarmes, 225 militaires belges rejoignent Bruxelles. La guerre… 'Lâche, aveugle', dit le Premier ministre, 'Odieux' écrivent un roi et une reine. La tristesse, on vous disait. Infinie."

Et au milieu de ces phrases aussi juste que désarmantes, une expression qui résume toute l'absurdité et la peine ressentie au moment présent : "Putain d'époque."

L'intégralité de l'édito du "Soir" est à lire ici.

Par Ariane Nicolas, publié le 22/03/2016

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