Depuis les attentats du 13 Novembre, un jeune sur cinq s'investit dans la vie associative

S'ils s'engagent plus, ils sont aussi plus nombreux à se sentir en insécurité.

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Selon une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), publiée le mardi 18 octobre, les jeunes entre 18 et 30 ans sont plus nombreux à s'engager dans des assos depuis les attaques terroristes de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre 2015.

Commandée par la Direction de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA), l'étude s'est intéressée aux conséquences des attentats sur la jeunesse française. Un panel de 4 000 jeunes a ainsi été interrogé entre décembre 2015 et janvier 2016, rapporte l'AFP.

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Même si les attentats ont été une expérience douloureuse et traumatisante, des aspects positifs en ressortent. Ainsi, 20 % des sondés se sont depuis investis dans une activité "altruiste et militante", ou confirment qu'ils souhaitent le faire. En 2016, le pourcentage de jeunes donnant de leur temps pour une cause bénévole a augmenté de façon significative : 35 % cette année, contre 26 % en 2015. Mieux encore, la part de ceux ayant une activité bénévole hebdomadaire est passée de 9 % à 14 % en un an.

Patrick Kanner, ministre de la Ville, des Sports et de la Jeunesse a réagi à ces chiffres :

"Les jeunes semblent se détourner des engagements politiques classiques. À nous aussi de réinventer une nouvelle forme de démocratie, pour donner la parole aux jeunes."

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Plus méfiants et moins libres

Le Crédoc a également fait la liste des domaines vers lesquels les 18-30 ans se tournent le plus. D'abord, il y a le sport avec 22 %, suivi de près par la santé et l'environnement (20 %), puis la jeunesse, l'éducation, et le social (19%).

Il semble que les étudiants s'engagent plus facilement, ainsi que les fraîchement diplômés et/ou employés. Au contraire, les jeunes issus de classes sociales plus précaires sont moins nombreux à s'investir dans la vie associative. L'engagement bénévole serait donc intimement lié à l'environnement social, culturel et financier, explique l'AFP.

Mais comme le souligne Ouest-France, les évènements tragiques du mois de novembre 2015 ont aussi engendré des réactions très négatives. La moitié des jeunes interrogés avouent se méfier plus rapidement de groupes d'individus spécifiques (sous-entendu les musulmans, les actes antimusulmans ayant triplé en 2015), 58 % d'entre eux se sentent moins en sécurité et 43 % ont l'impression que leurs libertés sont plus limitées qu'auparavant.

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Par Juliette Geenens, publié le 18/10/2016

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